mardi 25 avril 2017

La puissance de l'ours de Quentin Clément


Lecture dans le cadre des challenges : 




Lorsque le devoir appelle, un homme se doit de laisser de côté sa femme et ses enfants pour faire ce qu'il doit. Algar du clan Lagos l'aurait fait s'il ne s'était pas retrouvé enfermé et accusé de haute trahison.
Une seule personne possède la force et le courage nécessaire pour prouver son innocence : Damera, son épouse, une guerrière impitoyable qui devra laisser derrière elle sa vie de famille pour à nouveau tenir une épée en main et partir sur les routes.
Mais le Mal avance vite, et chaque seconde perdue est une chance de moins de sauver Algar de l'exécution. Poursuivie par des mercenaires, Damera n'aura aucun repos et comprendra vite que sa quête ne concerne pas uniquement la survie de celui qu'elle aime, mais de l'humanité entière.
Quel est le plan de Séraphel le Destructeur ?
Qui a engagé les mercenaires à sa poursuite ?
Quel est le secret que Damera à tant de mal à supporter ?


Si ce deuxième volume de la série Aussi rudes que l'hiver s'inscrit dans le même univers que le tome précédent il n'en est pas dans la continuité.

En effet nous trouvons de nouveaux personnages qui ont leur propre histoire, de nouveaux clans et comme les chapitres ne sont pas datés comme précédemment il est impossible de situer le récit par rapport à l'histoire précédente.

Le postulat de départ s’avère tout ce qu'il y a de plus basique, à savoir retrouver un vieil homme échappé de cellule qui est en fait un nécromant qui veut éradiquer les Terres de l'Arc. Une intrigue mainte et mainte fois usitée dans le genre. L'histoire se déroule un peu à la manière d'un jeu de piste assez classique.

Le personnage central est une ex-guerrière qui n'a plus le droit de porter l'épée et qui se lance aux trousses du grand méchant accompagné d'un chasseur ami du mari accusé de complicité. Dans cette courte histoire il est facile de s'attacher aux personnages car moins nombreux et donc plus travaillés sur le plan psychologiques. Le personnage principal a un lourd passé que nous découvrons dans la dernière partie ce qui apporte plus d’intérêt pour la lecture.

L'univers ne se développe que très peu avec une magie tout ce qu'il y a de plus conventionnelle et qui n'apporte rien de neuf à la fantasy. Si comme au tome précédent il y a bien quelques petites références à la mythologie celtique rien n'est vraiment développé et le lecteur novice de cet univers sera contraint de faire des recherches pour avoir plus de détails.

La poursuite nous donne une dynamique de lecture excellente car il y peu d'événements qui viennent croiser la route des poursuivants comme on peut sans douter au vu du nombre de pages restreint.

Il est aussi nécessaire de préciser que ce volume numéroté comme deux a été publié avant le premier et hormis les Terre de l'Arc il n'y a aucune liaison avec les tomes un et trois. L'auteur enrichit l'histoire par quelques légendes su des figures de l'histoire de l'Arc et notamment le passé de la guerrière ce qui apporte un petit plus intéressant à l'univers.

Au final un tome plus travaillé mais beaucoup trop court, une histoire classique mais intéressante, un univers qui nous laisse encore une fois sur notre fin, et un dénouement quelque peu expédié.





De révélations en révélations, Damera du clan Lagos écrira l'une des légendes les plus brutales et les plus sombres des Terres de l'Arc


mercredi 19 avril 2017

Du sang dans la neige de Quentin Clément


Lecture dans le cadre des challenges :



Les Terres de l'Arc. Un pays violent où l'honneur des hommes passe par la guerre et le sang. Ces contrées lointaines furent maintes fois théâtre de tragédies et de massacres'

Mais il y eut une année plus difficile que les autres. Pourquoi la terre n'avait-elle rien fait pousser ? Pourquoi les animaux sauvages, proies des chasseurs, avaient-ils fui ? Il y avait une chose surnaturelle et morbide dans la neige qui tombait sans s'arrêter cet hiver-là.

Et lorsque les hommes ont faim, ils sont capables de tout. Cet hiver fut chargé de scènes de trahisons, d'injustices, mais parfois de la plus grande des bontés. Cet hiver offrit la preuve de ce qu'était un être humain : une créature imparfaite capable du meilleur, mais aussi du pire'

Alors que les clans se déchirent en guerres et en pillages pour tenter de survivre, personne ne se doute que bien au sud, un guerrier maudit des hommes et des Dieux sombre dans la folie, et apportera le plus grand fléau que les Terres de l'Arc aient connu. 

Avec Du sang dans la neige, c'est dans un univers très sombre et très violent que nous entraîne l'auteur. Dans cette histoire sur fond de monde celtique il n'y a pas vraiment d'intrigue mais un fil conducteur qui relie les différents événements : la guerre quasi-permanente que se livrent les différents clans.

Avant de nous présenter les différents acteurs, l'auteur nous brosse rapidement le contexte de l’histoire à savoir un hiver très rude qui après de mauvaises récoltes a mis les réserves de nourriture de la plupart des clans au plus bas. Un postulat de départ des plus simples et qui n'a rien de novateur dans le genre puisqu'il en est assez souvent question dans le genre.

Dans cette histoire où les combats vont se révéler assez nombreux, l'on suit une multitude de personnages. Même si quelques uns des personnages sont un peu plus en vue, ce n'est pas moins de vingt deux personnages que le lecteur va devoir suivre. De ce fait au fil de la lecture on a un peu de mal de savoir qui est qui, mais l'auteur nous a dressé une liste en début de roman des personnages et de leurs clans. Ce qui nous aide dans la lecture mais qui casse il faut bien le reconnaître le rythme de lecture, heureusement cet inconvénient tend à disparaître vers la fin du roman puisque l'on arrive avec les titres de chapitres a savoir quel seront les personnages à suivre dans celui-ci.

Tous les personnages semblent avoir été façonnés dans les mêmes moules, quelque peu caricaturaux, frustres et violents, et n'ayant pour la majorité d'entre eux qu'un seul désir : se battre. L'auteur s'attache plus à nous décrire les caractéristiques physiques de chacun d'eux, la couleur de leurs cheveux, et leur aptitude au combat, plus qu'a façonner une personnalité propre qui les distingueraient des autres. Toutefois le côté psychologique de quelques personnages a été abordé, mais de manière insuffisante pour que l'on puisse vraiment s'attacher à l'un d'eux.

Certes quelques références comme les Druides, les Fianna, le Sidh permettent de situer le récit dans un monde Celtique mais au niveau du développement du monde çà s'arrête là : rien des us et coutumes de cette civilisation n'est proposé.

En l'absence de carte l'on a du mal à situer géographiquement les clans les uns par rapport aux autres. On sait qu'il existe une magie mais là encore aucune démonstration n'en est faite, tout dans le récit étant uniquement axé sur les faits d'armes.

Avec pour premier plan de l'histoire les combats qui opposent ou ont opposés par le passé les clans, on pouvait s'attendre à ce que les combats soient de grande qualité, malheureusement pour la plupart ils sont expédiés trop rapidement selon notre point de vue. Dans les batailles de masse l'auteur s'attache surtout à nous décrire les combats des plus valeureux guerriers mettant en exergue leur force supérieure ou leur adresse ce qui inévitablement tend à raccourcir très fortement leur description et laisse sur ce point premier de l'histoire le lecteur quelque peu sur sa faim.

La plume de l'auteur est simple, fluide, les descriptions hormis le physique des personnages sont peu nombreuses et pas très longues ce qui donne à défaut d’additivité une bonne dynamique de lecture. Par contre l'on a un peu de mal avec l'orthographe : l'on a du mal à comprendre pourquoi l'épée s'enfonce dans le poste occupé par un professeur en faculté : comme beaucoup de jeunes écrivains de fantasy Quentin Clément utilise le mot chaire au lieu du mot chair pour le corps humain. C'est récurrent avec les romans auto-édités et au fur et à mesure des lectures ça devient plus qu'agaçant. Pour ces auteurs il existe des dictionnaires en ligne !!! Il est possible également sur des forums littéraires ou sites spécialisés de demander la lecture préalable à l'impression !!! A ce point il faut encore ajouter des fautes de frappe ou d'impression.

Au final, un côté épique pas assez présent pour une thématique de guerre, des personnages qui ont trop de points en commun, un univers à peine ébauché ; une histoire intéressante mais qui en fait en recoupe plusieurs à la fois avec pour seul lien la violence... C'est avec un sentiment fort mitigé que l'on ferme le livre. On espère que les tomes suivants sont mieux construits.



jeudi 13 avril 2017

MARS & AVRIL 2017

PARTENARIAT LIVRADDICT

PARTENARIAT MORTSÛRE





ACHATS MENSUELS MARS & AVRIL   2017


FORMAT PAPIER

  


 


FORMAT ELECTRONIQUE

EBOOK GRATUITS


  

mercredi 12 avril 2017

La musique des ténèbres d'Eric Bony


Lecture dans le cadre des challenges :




Un scientifique se jette par la fenêtre de son appartement parisien. Sur son torse, on découvre des lettres gravées à l'encre sanglante, un message destiné à Thomas Cazan, le journaliste spécialisé dans les affaires étranges.Au même moment, un autre chercheur est retrouvé mort devant l'immeuble où habite sa fille Agnès. Ce vieil excentrique, mis au ban de la communauté scientifique, s'était toute sa vie passionné pour une ancienne partition de musique qui aurait le pouvoir de tuer?
C'est le début d'une étrange aventure pour Thomas et Agnès qui décident de collaborer pour lever le voile sur les circonstances de ces morts tragiques et mystérieuses. Une enquête au cours de laquelle sociétés secrètes, multinationales et scientifiques sans scrupules n'hésiteront pas à faire couler le sang pour s'approprier le secret de la « musique des ténèbres »? Une enquête de Thomas Cazan, journaliste de l'étrange. 


Le récit s'ouvre sur un prologue qui se déroule dans les environs de Carcassonne en 1538 où l'on assiste à travers les yeux du Grand Inquisiteur Nicolas Eymerich à une scène sacrificielle d'un culte païen.

Puis l'on est projeté en 2015 où une scientifique hanté par une homme sans visage se défenestre après avoir gravé sur son torse un message à l'intention d'un de ses amis le journaliste spécialisé dans le paranormal Cazan qui est averti par la police. Puis immédiatement c'est a une autre mort que l'on assiste celle d'un inventeur qui effectuer des recherches sur l'effet de la musique et des ondes sur les maladies. Échappé dont on ne sait où il vient mourir dans le hall de sa fille Agnès avec la quelle il était en froid après lui avoir demandé à l'interphone de mettre en lieu sur une partition de musique.

Le spécialiste de l'étrange qui ne croit pas au suicide non motivé de son ami va se lancer dans une enquête qui va l'amener à croiser la fille de l'inventeur, elle aussi journaliste pour une revue scientifique.

L'ambiance de ce thriller mâtiné d'une pointe d'ésotérisme se révèle particulièrement sombre et macabre avec les morts qui vont jalonner l’enquête au fil des derniers chapitres. Des scènes particulièrement cruelles et glauques qui pourraient heurter les lecteurs les plus sensibles. L’enquête au préalable assez simple est très bien gérée par l'auteur , les indices sont distillés au moment opportun et relance à chaque fois l'histoire qui se déroule sur un rythme effréné.

Le duo formé par les deux journalistes fonctionne à merveille et est très agréable à suivre avec des petites pointes d'humour dans les dialogues qui renforcent l'ambiance déjà très sombre. Ils se retrouvent en permanence sous tension avec les criminels à leur poursuite qui présentent un danger permanent, ce qui ne permet pas au lecteur de souffler une seconde ce qui est très positif pour ce genre de lecture. A ce duo vient s'ajouter l'archiviste du journal Enigma que l'on avait déjà découvert dans le précédent ouvrage de l'auteur, Le Tombeau du Diable qui est de la même facture.

L'auteur nous pousse à réfléchir cette fois-ci sur des enjeux extrêmement plus complexes qu'il pourrait y paraître de prime abord. L'auteur aborde la problématique des multinationales du médicament qui dans de nombreuses affaires vues dans les médias semblent plutôt que de privilégier la santé des malades songer aux intérêts de leurs actionnaires. L'auteur pousse un peu plus loin cette réflexion en n'hésitant pas à avancer le fait que des sociétés secrètes pourraient écarter des recherches de médecines parallèles afin de privilégier les médicaments chimiques qui offrent de meilleurs profits.

Le style de l'auteur qui lui est propre, fluide, direct est parfaitement adapté à ce type de récit qui demande beaucoup de rythme.

Au final : une enquête des plus prenantes, du surnaturel très bien dosé, des personnages empathiques avec lesquels on frémit à chaque danger... tous les ingrédients sont réunis pour nous offrir une excellente lecture. L'auteur confirme la très bonne impression laissée à la lecture de son premier roman.  


mardi 11 avril 2017

L'héritier de Pierre Pevel


Lecture dans le cadre des challenges :



La Garde d'Onyx, garante de l'autorité du souverain, est en deuil. Après les derniers événements qui ont déchiré le haut-royaume, le prince Alan a pris le commandement de ces hommes, et nombreux sont ceux désireux de rejoindre leurs rangs. Mais la reine, aussi ambitieuse qu'impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le haut-royaume ne cesse de se fragiliser… Les desseins du Dragon du Destin sont obscurs, mais finissent toujours par s'accomplir.

Après un premier tome qui s'avérait au demeurant plutôt décevant mais qui se terminait par un effet choc, l'histoire reprend sur un rythme très lent.

Si au premier tome le postulat de départ s'avérait des plus simples avec pour intrigue la cession d'Angborn à l'Yrgaärd, celui de ce deuxième opus est encore plus basique avec une nouvelle crise qui frappe le Haut-Royaume en l’occurrence le refus de l'allégeance à la reine de la Dame d'Arcante et du siège de la cité franche.

La mise en contexte du récit se traîne pour aboutir en fin de partie à une révélation qui ne surprend personne. Une révélation des plus simplistes qui reflète chez l'auteur une grande lacune au niveau imaginatif.

Ce n'est ps la deuxième partie qui va dynamiser le rythme de l'histoire. En effet l'auteur emploie maints artifices pour rallonger la longueur de son histoire pour en arriver au même point qu'à la fin de la première partie. Le lecteur qui commence sérieusement à se demander quand l'histoire va vraiment commencer, lassé, finit par sauter des paragraphes.

Certes si l'on fait l'abstraction de l'intrigue très simple, le récit se veut plus dense que dans le premier opus et surtout moins linéaire : la multiplication des points de vue et les ramifications secondaires de l'intrigue sont intéressantes mais les informations semblent nous parvenir en vrac, sans vraiment de synopsis bien établi.

L'univers se développe avec l'apparition de nouveaux royaumes mais une fois de plus l'absence de carte ne permet pas de suivre de manière concrète et de situer de manière précise les déplacements des personnages au fil des chapitres. On assiste à un siège et l'on ne peut s'empêcher de noter un déséquilibre par rapport à la réalité car le récit se focalise uniquement sur les personnages centraux. Une fois de plus l'on ne sait pas ce que ressentent les assiégés et les autres assiégeants. La mise en place du siège a pratiquement été entièrement occulté et l'on ne sait pas ce qui se passe dans les troupes, l'on n'a pas le ressenti de ce que pensent les soldats de troupe.

Si dans la dernière partie les événements se précipitent et que les rebondissements sont nombreux, certains faits sont expédiés et l'on reste parfois sur une impression d'inachevé.

Si certains des personnages de premier plan gagnant en profondeur, il n'en est pas de même des personnages secondaires qui ne semblent pas intéresser l'auteur ce qui renforce encore le sentiment qu'il manque quelque chose à l'histoire.

Le style de l'auteur est indéniablement sans reliefs, les nouveaux apports tant au point de vue des royaumes qu'au niveau des nouveaux personnages ne possèdent aucune saveur particulière. Les dialogues sont souvent répétitifs dans leur formulation, relatant les mêmes informations à plusieurs reprise ce qui là aussi finit par lasser le lecteur et alourdir inutilement l'histoire.

Si la dernière partie de l'histoire laisse entrevoir nombre de perspectives intéressantes pour la suite de cette série, ces deux premiers tomes décevants ne nous invitent pas à poursuivre l'aventure.




mardi 4 avril 2017

Le chevalier de Pierre Pevel


Lecture dans le cadre des challenges :



Le Haut Royaume connaît son heure la plus sombre. Le roi est affaibli et la
rébellion gronde. En dernier recours, le souverain libère Lorn, qui croupit
depuis trois ans dans les geôles infernales de Dalroth. L'ancien prisonnier est nommé chevalier du Trône d'Onyx, chargé de protéger l'autorité royale. Héros valeureux, Lorn est une figure d'espoir pour le peuple. Mais l'homme est résolu à mener à bien une toute autre mission, plus personnelle et au goût de sang : retrouver ceux qui l'ont maintenu en captivité... et leur faire payer le prix de la trahison.


Le chevalier Lorn Askarian qui croupit depuis trois ans au plus profond des cellules de la tristement célèbre forteresse de Dalroth pour avoir que révéler des tractations secrètes se déroulaient avec l'ennemi de toujours du Haut-Royaume est tiré de sa geôle alors qu'il n'attendait plus rien. Le vieux Roi qui n'est plus que l'ombre de lui même, incapable d'agir, l'a fait innocenter dans le but d'en faire le Premier Chevalier du royaume et de le représente. Mais c'est un homme meurtri qui sort de cette prison d'où en principe l'on ne sort jamais, ou alors marqué par la folie. S'il accepte cette mission qui lui donne les pleins pouvoirs c'est non sans être habité par un esprit de vengeance.

En même temps qu'il nous présente son personnage central, l'auteur commence à développer son univers. Un univers prometteur, qui se veut dense à défaut d'être innovant. L'on découvre petit à petit les forces en présence, d'un côté le Haut-Royaume et ses alliés et l'ennemi de toujours l'Yrgaärd. Si dans les premiers temps l'auteur situe géographiquement les différents pays qu'il énonce, l'absence de carte au fil des chapitres ne nous permet plus de les situer précisément. Certes le récit se déroule en presque totalité dans le Haut-Royaume mais l'on n'est pas s'en ressentir un manque certain. L'univers dans ce premier tome est certes prometteur mais il s'avère ce qu'il y a de plus classique avec un passé où les dragons régnaient en maître et les réminiscences de ce passé sont toujours fort présentes. Si l'auteur aborde la magie en nous informant qu'elle existe elle n'est pas développée dans le présent opus, si ce n'est que partiellement en ce qui concerne l'Obscure. Les relations entre les différents pays ne sont pas non plus traitées, si ce n'est qu'entre les deux royaumes principaux. Sur le plan de l'univers on reste sur sa faim car il n'est juste qu'ébauché, on aurait aimé en découvrir un peu plus !

Si l'histoire n'est certes pas inintéressante, elle est essentiellement centrée sur le personnage central et ce qui se passe à la cour avec la préparation de la cérémonie de cession d'une cité franche a l'Yrgaärd. Certes les événements sont nombreux, intrigues de cour, renversements de situation,... mais l'on ne peut s'empêcher de constater que si l'intrigue est bien maîtrisée elle nous paraît quelque peu linéaire. On est dans un tome de mise en place mais la mise en contexte et la présentation des personnages ne nous permet pas d'affirmer que l'on est dans une fantasy épique même si les combats sont visuels on n'échappe pas à quelques longueurs. On n'est pas dans une dynamique de lecture à laquelle on s'attendait en lisant les nombreux éloges au début de l'ouvrage.

Le personnage central est tourmenté par le passé, à la fois héros et anti-héros, même s'il est très bien défini on a un peu de mal à le cerner. Il est parfois difficile d'abonder dans le choix de ses décisions, on comprend pas toujours ses réactions, certes son séjour à Dalroth peut justifier celles -ci mais l'on a du mal à s'attacher au personnage. Les personnages secondaires sont en retrait par rapport au protagoniste principal et dans l'ensemble insuffisamment dépeints. On a un nombre important de personnages et l'on a presque l'impression que l'auteur a voulu nous projeter dans une sorte d'héroïc-fantasy quelque peu ratée tout comme le côté épique. En fait l'auteur met plus en avant le Haut-Royaume et prépare plus ses futurs ouvrages pour une série au long cours plutôt que de procéder histoire par histoire.

L'autre point qui nous a chagriner, malgré que le récit se lise plutôt bien, c'est le style de l'auteur, avec une trop grande propension à utiliser les mêmes verbes et en quantité astronomique ce qui alourdit considérablement le texte et à la longue finit par lasser le lecteur.

En résumé, un univers insuffisamment développé, une histoire simple assez linéaire, des personnages qu'on aurait aimé plus développés, une plume quelque peu lourde... Heureusement que le dénouement coup de poing nous laisse augurer pour le deuxième tome plus d'ouvertures. Au final c'est quelque peu déçu que l'on va procéder à la lecture du deuxième opus. Déjà on n'avait pas adhérer pleinement aux Enchantements d'Ambremer ce n'est pas de sitôt que l'on risque de sortir les Lames du Cardinal. Quand à la maison d'édition il n'est pas nécessaire de revenir sur des points exprimés lors de précédents avis.







vendredi 31 mars 2017

Le sang du temps de Maxime Chattam


Lecture dans le cadre des challenges :





Paris, 2005. Détentrice d'un secret d'État, menacée de mort, Marion doit fuir au plus vite. Elle est conduite en secret, par la DST, au Mont-Saint-Michel.

Le Caire, 1928. Le détective Matheson consigne dans son journal les détails d'une enquête particulièrement sordide : des cadavres d'enfants atrocement mutilés sont retrouvés dans les faubourgs du Caire. Rapidement, la rumeur se propage : une goule serait à l'origine de ces meurtres. Mais Matheson refuse de croire à la piste surnaturelle.

À première vue, rien de commun entre ces deux époques. Et pourtant...


Après un prologue assez inquiétant qui se déroule en 1928 dans les ruines d'Héliopolis, faubourgs du Caire, l'auteur nous propulse en 2005 où l'on fait connaissance avec le personnage central de son histoire.

Pour être tombée par inadvertance sur un document qu'elle n'aurait pas du lire, Marion secrétaire à l'institut médico-légal est exfiltrée par la DST dans la communauté religieuse du Mont Saint-Michel.

Aces deux histoires que rien au départ ne vient relier va s'ajouter dés son arrivée une autre énigme . Elle reçoit un message codé très mystérieux lui donnant après déchiffrement un rendez-vous en pleine nuit à un endroit précis du Mont. Cette troisième partie du récit sert surtout à mettre du suspense à l'histoire et servira de fil conducteur à l'histoire et le rapport avec les autres événements ne sera dévoilé que dans le dénouement.

Après une mise en contexte un peu longue puisque ce n'est qu'à partir du chapitre huit que l'auteur nous livre l’inter-connexion entre le passé et le présent. L'on découvre donc l'enquête menée par un détective anglais, aidé d'un collègue égyptien. Une enquête qui porte sur les assassinats particulièrement atroce d'enfants des quartiers pauvres du Caire. C'est donc par le biais d'un manuscrit que découvre la jeune femme que l'on va suivre l'enquête.

Une enquête qui nous parvient indirectement et qui de se fait perd de sa spontanéité, et qui laisse le lecteur en peu en marge du récit, reste tout de même la partie la plus attractive du roman. L'auteur distille de belle manière les indices en mâtinant d'une par de légendes orientales son récit. La transition entre le passé et le présent s'effectue de manière naturelle , mais du fait des sauts entre les deux époques cette enquête nous parvient de manière hachée ce qui n'est pas sans gêner le lectorat.

La vie de la jeune femme au Monts n'est pas vraiment intéressante à suivre, générant des longueurs un tantinet déplaisantes même si l'auteur utilise toutes les ficelles du genre pour tenter d'insuffler un climat d'inquiétude sur le quotidien de la jeune femme. La raison de la venue de la jeune femme ne nous est livrée qu'au bout de trois cents pages environ. L'artifice trop simple d'un scandale politique n'intéresse guère le lecteur c'est juste une manière mécanique pour donner un peu de suspense au présent et il faut bien le reconnaître s'est sans effet sur le lecteur qui s'en désintéresse totalement tout au long de sa lecture.

Tout au long de son récit l'auteur utilise de nombreux clichés du genre, éculés de puis belle lurette. Les descriptions des quartiers du Caire font très guide touristique et ralentissent quelque peu l'enquête. Les meurtres particulièrement horribles et trash sont décrits de manière à faire du sensationnel et sont là pour faciliter la vente du bouquin un peu au détriment de la profondeur de l'histoire.

Les personnages dans l'ensemble sont bien dépeints même si l'on a un peu de mal à les cerner. La jeune femme et le détective restent très évasifs, narrent simplement les faits sans que le lecteur sache ce qu'ils ressentent intérieurement. Une psychologie un peu plus poussée aurait été souhaitable.

L e dénouement décliné en deux parties nous laisse tout de même un peu dubitatif dans sa deuxième partie. On a un peu de mal à adhérer à cette dernière version.

Au final un thriller très proche du policier classique et qui laisse au lecteur un avis plutôt négatif.




jeudi 23 mars 2017

Le collier miraculeux de Martha Grimes


Lecture dans le cadre du challenge :



Une violoniste est sauvagement assassinée dans le métro de Londres. Elle était originaire d'un village répondant au nom charmant de Littlebourne. Or un chien vient de découvrir une drôle de friandise dans le bois voisin : un doigt humain ! ScotlandYard ne dispose que d'un seul limier capable d'établir un lien entre ces deux affaires : le commissaire Richard jury. Et comme l'énigme est d'une opacité inhabituelle, il fait appel à son ami Melrose Plant, détective amateur. Ensemble, ils vont arpenter les couloirs du tube londonien et les abords de la ténébreuse forêt de Horndean. Et les suspects les plus hétéroclites se présentent à eux : un couple de hobereaux d'un snobisme odieux, une vieille ornithologue revêche, une veuve habitant un manoir glacial et une petite sauvageonne qui sait dompter les chevaux les plus rétifs... mais pas le duo le plus flegmatique du Yard !


Alors qu'elle joue du violon dans la métro londonien afin de se faire un peu d'argent de poche, la jeune Kathie est agressée et sombre dans un coma irréversible.

Alors qu'il s'apprêtait à se rendre pour le Week-End chez son ami Melrose Plantle commissaire Jury est envoyé dans un banal village à une quarantaine kilomètres de Londres. Accompagné de son fidèle adjoint Wiggins il se rend à Littlebourne où l'on a découvert le cadavre d'une femme dans un bois.

Littlebourne, le village d'où était originaire la jeune Kathie. Quel est le lien qui relie les deux affaires ? Aces deux meurtres s'ajoute une curieuse affaire de lettres anonymes.

Les suspects s'avèrent nombreux avec les membres du club d'ornithologie, une auteur de romans policiers,une famille de notables et une fillette assez étrange dans son comportement. Une galerie de personnages hauts en couleurs, à laquelle il faudra ajouter une famille londonienne qui ne manque pas de piquant.

Comme à sa habitude c'est dans une enquête classique du genre que nous entraîne Martha Grimes. L'intrigue assez basique s'avère certes simple, mais le lecteur à une vision globale du contexte très limpide. Au fil des chapitres et des interrogatoires , pris par le récit , le lecteur n'a aucun mal à échafauder des hypothèses quant au coupable au fil de la découverte d'indices par le trio d'enquêteurs.

Mais si la tante de Melrose n'est pas présente dans cette enquête, certains échanges verbaux sont tout de même teintés d'une pointe d'humour. Toutefois le duo Melrose-Jury nous a paru avoir moins de profondeur que dans d'autres tomes de la série. Si en règle général l'auteur s'épanche peu sur la vie de son célèbre commissaire, on découvre dans ce présent tome une période tragique de sa vie alors qu'il n'était encore qu'enfant.

L'histoire est intéressante, prenante, et si le rythme de l'enquête se veut peu soutenu, il reste toutefois constant du début à la fin sans aucune impression de longueur.

Le dénouement est bien maîtrisé car à aucun moment nos soupçons ne se sont portés sur le coupable.


Au final, un policier classique mais écrit de fort belle manière avec une plume en parfaite corrélation avec l'histoire.


lundi 20 mars 2017

Une victime idéale de Val McDermid


Lecture dans le cadre d'un partenariat avec :

 

et comptant pour le challenge :



Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes qui se ressemblent sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté. Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au coeur de l'enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Le célèbre profiler serait-il passé de l'autre côté du miroir ? Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.


Je tiens à remercier les éditions J'ai Lu et le forum Mort Sure de m'avoir permis de découvrir une auteur que je n'avais pas eu l'occasion de découvrir.

Lorsque l'on commence une série par un énième tome il est toujours à craindre que l'auteure parsème son récit de références à des enquêtes passées et qu'involontairement on se retrouve quelquefois un peu en marge du récit. Ce n'est pas le cas ici, ce serait plutôt le contraire. En effet, Val McDermid revient longuement , peut être un peu trop longuement sur l'enquête précédente. L'on a droit tout au long du récit, et plus particulièrement dans la première partie, au sentiment de culpabilité de ses personnages fétiches, à leur mal être, à leur prise de conscience de leur responsabilités dans les faits qui ont précédemment frappés leur équipe et qui a vu sa dissolution.

L'idée première de l'auteure de nous inviter à suivre un psychopathe dont les victimes ressemblent très fortement à son ex-enquêtrice s'avérait un excellent départ. Et le premier chapitre qui nous projette dans la tête du tueur à la recherche de la femme idéale est particulièrement réussi. La minutie avec la quelle il prépare ses enlèvements sa vision de la vie conjugale où la femme doit être soumise entièrement aux phantasmes de son époux, ses auto-satisfactions lorsqu'il améliore sa technicité s’avèrent glaçantes à souhait. Avec ce départ tonitruant on s'attendait à une montée graduelle dans l'horreur, le machiavélisme autant dans ses actes que dans sa folie soit omniprésente, mais malheureusement ce n'est pas le cas, l'essentiel du récit portant sur sa traque et sur le quotidien des enquêteurs et même de leur entourage.

Malgré une disparation inquiétante dés le début du roman et bientôt la découverte de la première victime, la mise en contexte dans laquelle va se dérouler l'enquête est très longue, les liens entre les différents protagonistes, leurs introspections, les relations entre l’enquêtrice de premier et sa nouvelle équipe prend près de deux cent pages avec que l'enquête principale et celle en parallèle de la disparition démarrent enfin.

Lorsque l'auteure introduit au chapitre onze une jeune femme intégrant un poste de responsabilité dans un entreprise nouvelle pour elle , l'on comprend immédiatement qu'elle est une future victime, et que l'assassin se trouve dans son nouvel entourage professionnel. A ce stade du roman le lecteur à déjà identifié le meurtrier et le suspense s'en trouve considérablement amoindri.

Malgré ces petits errements l'on prend plaisir à découvrir et à suivre le sérial killer, l'enquêtrice principale malgré un entourage qui ne favorise pas spécialement sa liberté de manœuvre avec une chef de groupe psycho-rigide, à cheval sur la manière de conduire une enquête et le peu de liberté qu'elle laisse à son équipe. Une chef d'équipe arriviste, qui fait certes cliché, mais dont les interactions avec sa lieutenante apportent du piment au récit.

La menée de l’enquête est bien réalisée, avec une fausse piste qui a du sens même si le lecteur sait pertinemment qu'elle est fausse, mais qui permet de mettre en valeur des personnages travaillés avec leur force et leurs faiblesses. Même les personnages de second plan sont soignés dans leurs moindres détails.

Le gros point fort de l'auteure c'est sa manière de conduire l'histoire, même si le début présente des longueurs ont est captivé de la première à la dernière page dans un climat, certes un peu difficile dans certaines scènes, mais qui s'inscrit de manière réussi de vie réelle. Les scènes avec le tuer et ses victimes sont oppressantes, la folie d'un homme que l'on ne connaît fort peu démontre au lecteur impuissant jusqu'où peut aller la folie d'un homme et la manière dont son enfance à modeler cette folie. On relèvera également la manière dont l'auteure nous expose les différentes manières dont ces personnages réagissent face au deuil.

Le final est peut être un peu trop rapide, un peu trop léger sur la manière dont l'enquête est résolue avec en fait très peu d'indices. En résumé une atmosphère pesante à souhait, des enquêteurs pour certains peut être un peu trop poussés dans leur descriptions, une excellente plume et une très bonne dynamique de lecture. L'on passe un très bon moment de détente : les petits errements et les qualités s'équilibrent, mais avec un roman charnière l'on se doute que ce n'est certainement pas la meilleure œuvre de l'auteure. Mais malgré un avis mitigé ce roman donne tout de même l'envie de faire plus ample connaissance avec Val McDermid.