vendredi 23 février 2018

Le roi de sang de Gail Z. Martin


Lecture dans le cadre du challenge :



Le prince Martris Drayke a échappé de peu à son frère Jared qui voulait l'assassiner. Mais des tueurs sont toujours à ses trousses, et Foor Arontala, le mage noir, manigance pour déstabiliser le flux de la magie et réveiller le terrifiant Roi d'Obsidienne. C'est une course contre le temps : le seul espoir de Martris est de maîtriser son pouvoir, d'invoquer les morts et de constituer une armée assez puissante afin de reprendre le trône de son défunt père. Les destins de son royaume, de celle qu'il aime... et de sa propre âme en dépendent.


A la fin du tome précédent on avait quitté le groupe d'aventuriers alors qu'ils venaient d'atteindre Principauté où ils avaient été accueillis à bras ouverts par le roi heureux de retrouver sa fille kidnappée par des esclavagistes. On retrouve dans ce présent opus le groupe un jour plus tard au château.


Tout d'abord l'auteure revient brièvement sur les faits marquants du premier volume.

Le début de ce tome prend des allures de tome intermédiaire car il se passe peut de choses. Tris reprend sont entraînement à la citadelle de la Consoeurie entrecoupé de périodes de repos où avec les généraux du roi ils arrêtent une stratégie pour renverser le tyran.

L'auteure alterne ces périodes de calme avec des tentatives sur Tris et les meurtres de plusieurs des Soeurs qui lui ont apporté leur aide. L'on a également droit à quelques escarmouches avec les troupes du Margolan ce qui permet de donner du rythme à l'histoire. Les combats sont assez visuels et assez bien dosés, suffisamment pour que le lecteur puisse s'y immerger. Toutefois l'on sent que le combat n'est pas le domaine de prédilection de l'auteure et les amateurs de fantasy très rythmée resteront quelque peu sur leur faim.

Une grosse partie du roman qui prend une allure de fin d'initiation, mais qui malgré le pitch n'est pas désagréable à suivre.

On a le droit qu'a une seul chapitre sur le tyran et son émince noire, et lorsque dans la dernière partie les compagnons de Tris se séparent en plusieurs groupes on peut regretter que l'auteure se focalise essentiellement sur le rôle de Tris et de ses compagnons qui l'entourent sur le retour vers Margolan. Un récit qui se révèle assez linéaire.

Le final ne se déroule que sur peu de chapitres reprenant avant la confrontation finale un peu des ficelles de l'aller ; il ne faut pas s'attendre à de grandes surprises tout est assez prévisible . Les ingrédients que l'auteure avait disséminé dans son récit ayant intégralement révélé avant le point final de quelle manière allait se déroulait cette confrontation.

Le style de l'auteure, malgré assez peu de phases d'action, s'avère tout de même dynamique ; l'écriture quand à elle est soignée. Les pauses entre les phases d'action apporte une certaine nonchalance à l'histoire en opposition au dramatique de la situation.

Les phases romantiques ne prennent pas trop le pas sur l'histoire, on aurait pu s'en passer mais elles ne sont pas par trop indigestes.

Au final, si l'on est dans une fantasy tout ce qu'il y a de plus classique, l'auteure parvient avec un très bon dosage à maintenir le lecteur en éveil malgré des retournements de situation un peu répétitifs sur la durée.


mardi 20 février 2018

Kane intégrale 1 de Karl Edward Wagner


Lecture dans le cadre du challenge :  





Il s'appelle Kane. Certains racontent qu'il est invincible, voire immortel ; que la pierre de sang qu'il porte au doigt lui confère un pouvoir surhumain. Il en est même pour affirmer qu’il aurait Jhaniikest, la sorcière ailée, pour maîtresse. Il s’appelle Kane et ne se reconnaît ni dieu, ni maître. Seuls ses rêves de conquêtes et d’aventures le mènent de par le monde. Et aucun de ceux qui l’ont affronté en combat singulier n’est plus là pour s’en vanter. Il s’appelle Kane et voici son histoire.


Ce premier opus de l'intégrale des œuvres de Karl Edward Wagner comporte deux romans : La pierre de sang éditée en 1975 et La croisade des ténèbres qui est sortie en 1976.

Dans le premier roman, Kane, le héros joue un double jeu en dressant deux royaumes l'un contre l'autre dans le but de s'emparer des terres à son profit. Après avoir trouvé une bague ancienne qui lui permet de manipuler les représentants dégénérés d'une race ancienne qui dominait dans le passé une terre pré-humaine, mais aussi de contrôler apparemment une Intelligence Artificielle d'origine extra-terrestre il va s'attaquer aux deux royaumes après qu'ils aient eux même livrés bataille. Mais Kane ne se rend pas compte que c'est l'AI qui le contrôle mais non l'inverse.

Un premier récit au carrefour de la Sword and Sorcery et de la science fantasy où l'affrontement entre la magie et la technique n'est pas inintéressant malgré certaines longueurs qui ne sont pas toujours directement en relation avec l'intrigue elle-même.

Le deuxième roman de ce premier tome des aventures de Kane, hormis sa présence,est totalement indépendant du premier opus de l'intégrale.

Grâce aux sympathies de la population, un ancien pillard dirige la cité d'Ingoldi sous le nom d'Ortéde Ak-Ceddi prophète du culte démonique de Sataki une divinité maléfique qui fait régner la terreur dans le royaume. Kane suite à une intrigue de palais doit fuir Sandotnéri où il occupait le poste de général des armées. Pour se venger du nouveau général Jarvo, il propose à Ortéde ses services pour créer une véritable armée pour conquérir les terres du sud. Une proposition qui n'est pas totalement désintéressée car une fois de plus il voudrait s'emparer des terres conquises et renverser Ortéde, mais tout ne va pas se passer comme il le prévoyait.

Cette deuxième histoire est plus classique que la première et s'approche plus de l'héroïc-fantasy que de la Sword and Sorcery même si les démons sont bien présents dans ce récit matinée du touche lovecraftienne. Ici le rythme est plus rapide, les combats fort bien maîtrisés, les renversements de situation plus nombreux et les différents protagonistes de premier plan tous aussi fourbe que le héros. L'ambiance de cauchemar totalitaire du culte sataniste est fort bien rendue, pesante à souhait. Si tout comme dans le premier récit les trahisons et les coups de théâtre sont nombreux et spectaculaires, la galerie de personnages est moins fournie, le destin du général Jarvo et les démêlés de Kane avec le prophète de Sataki sont plus plaisants à suivre car il y a moins de longueurs. Ce récit plus direct et les nombreux combats de masse qui s'y déroule donnent une dynamique de lecture plus nerveuse.

Kane est un héros qui tranche considérablement avec les héros d'Howard et de Leiber qui combattent le mal. Il se rapproche à de nombreux détails près du personnage de Moorcock, totalement immoral il veut toujours être le meilleur n'hésitant pas à employer n'importe quels moyens et pactisant même avec le chaos pour y parvenir.

Dans ces deux premiers opus les personnages de premier plan se révèlent majoritairement tout aussi diaboliques que le héros. On est dans une fantasy vieillissante et hormis ceux ayant un rôle primordial dans le récit, les personnages secondaires sont peu développés au plan psychologique et ne sont là que pour mettre en valeur un héros, si l'on peut vraiment le considérer de cette manière.

L’écriture est très riche, utilisant des termes peu usités de nos jours tirés du moyen-âge, ce qui pourrait gêner certains lecteurs. Le style de l'auteur s'avère très descriptif on n’échappe pas à quelques longueurs parfois légèrement indigestes dans les moments où l'action n'est pas présente.

Au final, à l'instar des grands noms des précurseurs de la fantasy, l’œuvre de Karl Edward Wagner est magistrale : elle est à découvrir pour les plus mordus de la fantasy, mais pourra toutefois rebuter les lecteurs moins passionnés du mélange des genres.






dimanche 18 février 2018

Tombent les anges de Marlène Charine


Lecture dans le cadre du challenge :




Lors d'une perquisition de routine, Cécile, jeune policière désabusée et limite borderline, vit une expérience hors du commun qui va faire basculer son existence. Audrey, jolie infirmière de vingt-cinq ans, met fin à ses jours dans la salle de bain de son luxueux appartement du XVe arrondissement. Elle ne s'y trouve pas seule. Contactée par le Lieutenant Kermarec, Cécile n'a pas d'autre choix que d'écourter ses vacances forcées. Et après tout, il est bien le seul à ne pas la prendre pour une cinglée... 


Cécile, jeune policière désabusée, lors d'un appel pour tapage nocturne se rend avec son collègue qu'elle ne supporte plus dans un immeuble, elle semble entendre des bruits dans l'appartement mais son collègue finit par la persuader qu'on n'entend rien. Ils partent mais le lendemain la jeune femme retourne à l'appartement pour y découvrir le Lieutenant Kermarec qui lui apprend que la jeune femme a été découverte morte dans un chalet de montagne bien loin de l'appartement. Cécile qui veut abandonner la police part dans le sud chez sa sœur. Rappelée par le Lieutenant, elle rejoint la criminelle. Pour sa première affaire, ils se rendent chez Audrey Lernesse. Sur place la jeune femme, elle voit l'esprit de la défunte et malgré qu'elle soit perturbée par cette faculté, elle est persuadée que le suicide cache un meurtre. En compagnie des son nouveau chef, elle va se lancer corps et âme dans cette enquête.

Cécile, jeune policière désabusée, lors d'un appel pour tapage nocturne se rend avec son collègue qu'elle ne supporte plus dans un immeuble, elle semble entendre des bruits dans l'appartement mais son collègue finit par la persuader qu'on n'entend rien. Ils partent mais le lendemain la jeune femme retourne à l'appartement pour y découvrir le Lieutenant Kermarec qui lui apprend que la jeune femme a été découverte morte dans un chalet de montagne bien loin de l'appartement. Cécile qui veut abandonner la police part dans le sud chez sa sœur. Rappelée par le Lieutenant, elle rejoint la criminelle. Pour sa première affaire, ils se rendent chez Audrey Lernesse. Sur place la jeune femme, elle voit l'esprit de la défunte et malgré qu'elle soit perturbée par cette faculté, elle est persuadée que le suicide cache un meurtre. En compagnie des son nouveau chef, elle va se lancer corps et âme dans cette enquête.

L'histoire est bien menée, l'intrigue est efficace avec une touche de surnaturelle bien dosée. L'idée de la voix de la défunte qui dévoile un point de l'enquête un temps par rapport à l'équipe de policier est un plus dans ce thriller. L'enquête dans le final passe même au second plan dans où les policiers se trouvent dans l'impasse sans Cécile. Un final très fort où l'auteure n'épargne pas son personnage central déjà fort écorchée par la vie.

Les chapitres sont relativement courts et l'alternance entre les deux histoires donnent beaucoup de rythme au récit où la pression monte crescendo. Le parallèle entre les deux récits est bien équilibré. Au départ le rôle de la défunte passe au second plan, permettant à la jeune policière de s'intégrer à sa nouvelle équipe, ce qui donne plus de poids au suspense car le côté mystère ne permet pas au lecteur d'entrevoir où veut l'amener l'auteure.

Les personnages dans l'ensemble sont plutôt bien caractérisés, chacun ayant sa propre histoire. Mais comme c'est souvent le cas dans le genre on n’échappe au classique collègue lourd et misogyne en tout début de roman, certes nécessaire pour la construction du récit. Par la suite l'on n'échappe pas non plus à l’amorce d'une romance entre les deux protagonistes, le supérieur étant divorcé... Ce côté cliché apporte malheureusement une touche négative au récit.

L'écriture de l'auteure est agréable, à la fois fluide et évocatrice. Tout est bien posé, chaque mot à sa place, rien n'est laissé au hasard.

Tombent est un très bon thriller fantastique qui devrait plaire aux lecteurs qui aiment une touche de surnaturel côtoyant la réalité.






mercredi 14 février 2018

Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen



Au sein d'un petit village finlandais prospère une étrange société littéraire composée de neuf écrivains réunis autour de la figure tutélaire de Laura Lumikko, auteur à succès d'une série de livres fantastiques pour la jeunesse. En pénétrant peu à peu dans l'intimité de cette société – grâce à un Jeu aux règles complexes permettant d'arracher la vérité aux membres de la société – Ella, une jeune professeur de finnois aux ovaires déficients, découvre le sombre secret de leur inspiration. Pendant ce temps, Laura Lumikko disparaît, tandis qu'une étrange peste semble s'être abattue sur les livres de la bibliothèque : certains livres voient leur fin subtilement s'altérer...

Dans le nord de la Finlande, Ella professeure remplaçante intègre une société littéraire secrète gérée par Laura Lumikko, une célèbre autrice de livres fantastiques pour enfants. Suite à la brutale disparition de Lumikko lors d'une tempête de neige inexplicable survenue dans la maison même de l'écrivaine, Ella va tenter de percer les nombreux secrets de cette mystérieuse confrérie littéraire.
Avec une ambiance nordique hivernale, des livres qui se modifient on ne sait pourquoi, une société secrète la quatrième de couverture nous proposait un sujet intéressant mais malheureusement le développement du récit s'avère des plus navrants.
En premier lieu l'intrigue se développe de manière inégale, par à coups : après une amorce d'histoire rapide et intéressante, le récit se transfère sur la famille d'Ella sans le moindre rapport direct avec l'enquête qu'elle même. Un remplissage inutile qui dès les premiers chapitres agent le lecteur.
En second lieu c'est la manière de décrire le personnage central qui interpelle le lecteur, une présentation axée sur les ovaires déficients d'Ella qui se répète de nombreuses fois dans le récit. C'est sans aucun intérêt, on a la nette impression que ce qui intéresse l'auteur c'est de faire du remplissage.
Ensuite une trentaine de chiens errants se rassemblent dans le jardin de l'écrivain. A aucun moments une explication claire n'est donnée au lecteur.
Une maladie qui dégrade les livres en modifiant certains passages et notamment leur fin. De cette maladie, la dernière page tournée aucune explications quand à sa source ne nous est fournie.
Certes l'on est dans un roman fantastique et le surnaturel est de mise mais l'auteur nous propose plein de pistes prometteuses et ne va jamais au fond des choses. Il ne fait que survoler les sujets sans les développer. Le côté mystère n'est pas entretenu et il nous abreuve de détails insignifiants et toujours sans rapports avec l'intrigue.
Le personnage central n'est lui aussi que juste esquissé, hormis ses problèmes d'ovaires on n'apprend strictement rien sur la jeune femme. Son côté écrivain n'est absolument pas abordé.
Si l'auteur pour l'ambiance puise dans le folklore Finlandais et que l'on sent que les créatures semblent cacher des forces sauvages et que cette partie de l'atmosphère est plutôt réussie, l'auteur ne pousse malheureusement pas assez cette partie de l'histoire qui aurait pu attirer l'attention du lecteur.
Le JEU s'avérait lui aussi prometteur mais là encore certaines parties de ces phases sont elles aussi occultées notamment en ce qui concerne la jeune femme.
Le style de l'auteur manque de fluidité du fait de nombreux points répétitifs et de détails qui n’accrochent pas le lecteur car annexes au thème central de l'histoire. En effet certains des phénomènes qui se produisent ne sont pas reliés entre eux, on a la nette impression que l'auteur a écrit ce récit au fil du flux des idées qui lui venaient sans avoir dresser de plan.
Au final, le constat est clair, du début à la fin du livre, le lecteur n'a qu'une idée en tête : celle de voir la dernière page se tourner ! 


lundi 12 février 2018

7 jours à River Falls de Alexis Aubenque


Lecture dans le cadre du challenge :


Sarah Kent, issue d'une famille modeste, est une étudiante modèle qui mène une vie paisible, parmi l'élite de l'université de River Falls, une petite ville des Rocheuses. Pourtant tout va changer, un matin de printemps, quand Amy Paich et Lucy Barton, ses deux meilleures amies des années de lycée, sont retrouvées atrocement mutilées dans la forêt toute proche. Or, deux jours auparavant, Sarah avait reçu une lettre, plutôt étrange, de Lucy et Amy... Le monde de Sarah bascule dans l'horreur. Sera-t-elle la prochaine victime du tueur ? Le shérif Mike Logan, aidé de Jessica Hurley, son ex-petite amie, une profileuse réputée, est chargé de l'enquête. Tous deux croient très vite être sur la bonne piste. Mais ils ignorent que leur adversaire les manipule avec une redoutable perversité... 


Deux enfants qui jouaient dans la forêt aperçoivent prés du lac un homme mystérieux. L'homme se retournent, ils fuient, mais le plus jeune se tord la cheville, son aîné part chercher du secours mais sur la route il sera écrasé par l'homme, puis aura le cou rompu. En recherchant le jeune frère, l’équipe su shérif Logan vont découvrir dans le lac deux jeunes femmes atrocement torturées.

Dés le prologue le lecteur se retrouve immédiatement dans l'ambiance. Assez rapidement les policiers vont découvrir un indice pour axer leurs recherches. Ils vont traquer un homme et le tuer, mais la profileuse, ex-petite amie du shérif qui avait de Seattle rejoint l'équipe ne croit pas à cette culpabilité de part trop évidente, les rebondissements vont s'accélérer au fur et à mesure que de nouveaux éléments apparaissent.

Malgré que le lecteur découvre assez rapidement l'identité du tueur, sous forme de courts flash-backs le suspense est maintenu car l'on ne sait pas les motivations qui l'ont concduit à ces meurtres.

Les personnages sont bien définis dans leur ensemble notamment le meurtrier qui parvient de manière assez exceptionnelle à manipuler les forces de l'ordre. Le personnage du shérif par contre frise à certains moments la caricature. En effet, par moments on a la nette impression de se trouver plutôt dans un western que dans un policier se déroulant à notre époque. Le contraste est saisissant avec la profileuse qui agit avec subtilité mais qui manque un peu de confiance en elle. Le shérif est en effet présenté en début de roman comme un professionnel très efficace et ce n'est pas ce qui est démontré dans le récit car il est beaucoup trop vite convaincu de la culpabilité d'un suspect. Ces traits de caractère ne sont pas du tout en adéquation avec ce qu'il prône. On n'échappe pas non plus à un flic véreux qui vend des informations aux journalistes. C'est dommage de trouver dans une histoire plutôt bien conduite de tels éléments.

Une fois de plus on n'échappe également pas à une romance entre les deux enquêteurs : on est dans un policier ! Serait pour attirer plus de lectrices ?

Le style de l'auteur est simple, direct, peu descriptif mais tout de même imagé ce qui permet au lecteur malgré les petits défauts ci-dessus signalés d'être pleinement plongé dans l'histoire du début à la fin du récit.


Au final, on est dans un bon roman policier, qui se déroule de manière fluide, quoique que classique sur le fond. Un policier de bonne facture qui donne envie de lire d'autres romans de l'auteur malgré un petit bémol en fin de roman : on ne sait rien de l’état du jeune enfant !


jeudi 8 février 2018

La racine du mal de Raoul Coudène


Lecture dans le cadre du challenge : 


Un prêtre vient d'être muté dans une paroisse à Avignon, en remplacement de son défunt curé.
L'église est construite au centre de la ville, sur le site d'un quartier populaire et d'un sanctuaire satanique, rasés l'un et l'autre par la papauté au XIIIe siècle. L’Inquisition avait capturé la prêtresse du culte avec de nombreux adeptes et les avait condamnés au bûcher après les avoir soumis à un procès.
Un lieutenant de police enquête sur une série d'homicides à caractère religieux. Les investigations convergent vers cette église multicentenaire qui, entre autres, suscite l'intérêt de deux descendantes de la prêtresse.
L'une, férue d'occultisme, parce qu'elle veut s'adonner au satanisme et prendre la suite de son ancêtre ; l'autre, chef d'une organisation criminelle, parce qu'elle utilise le lieu de culte comme antichambre.
Cette religion sacrilège n'existe plus, ses adeptes ont été décimés, mais le Démon hante toujours les lieux. Il se manifeste de façon si pernicieuse que le prêtre devient un tueur en série, que certains fidèles changent de comportement et que les confessions de personnages sinistres se multiplient. 


Dans la préface historique l'on assiste à l'arrestation d'une trentaine de membres d'un culte satanique dans la cité des papes et également à la fin d'Eugénie Miracourt leur grande prêtresse. Mais quelques personnes dont des membres de sa famille ont réussi à fuir dans le Lubéron.
Le début réel du roman va nous faire suivre plus principalement Lucien Malfroy, prêtre de l'église Saint-Didier érigée sur le lieu de la maison d'Eugénie Miracourt. Une prêtre qui se croit à l'image de l'inquisition investit par Dieu de la mission d'éradiquer le mal.
Quand plusieurs cadavres ont été retrouvés et que les corps démontrent qu'ils ont été tués selon le mêmes procédures que celles employées au Moyen-âge, l'enquête est confiée à la Capitaine Alexandra Lorenzi qui réintègre le commissariat après un arrêt de plusieurs mois du à une blessure en service. Une enquêtrice qui va retrouver des bribes de son passé qu'elle aurait préféré oublié.
Dans ce thriller qui mêle habilement ésotérisme et fantastique, de nombreux rebondissements nous emmène dans les pas d'un nombre de personnages qui ont un rapport avec l'histoire qui s'est déroulée quelques siècles plus tôt. Si l'enquête menée par l'enquêtrice occupe peu de place dans cette histoire qui mêle habilement les résurgences du passé à un trafic de stupéfiant bien de nos jours, le panel de personnages à l'esprit des plus torturés pour certains est des plus intéressants à suivre malgré des plongées dans l'esprit de certains des personnages un peu longs.
Le coté fantastique en relation avec le diable est peu présent dans la majorité du roman et ce n'est que dans les ultimes chapitres qu'il prend toute son ampleur pour terminer sur une dénouement des plus particuliers.
Malgré des passages un peu pesants la plume de l'auteur se révèle addictive. L'on regrettera toutefois que le côté trafic de drogue occupe une place un peu trop grande et que sa conclusion est une peu trop explosive et manque de finesse. Des passages qui nous font prendre conscience que le Mal peut revêtir différentes formes.


Un thriller un peu particulier autant dans sa forme que dans son fond avec une dynamique de lecture un peu lente par moments mais qui ne pourra que séduire les amateurs d'enquêtes mélangeant sciences occultes et fantastique.




mardi 30 janvier 2018

L'Invocateur de Gail Z Martin


Lecture dans le cadre des challenges :

  


Le monde du prince Martris Drayke vole en éclats le jour où son frère assassine leur père et s'empare du trône. Contraint de fuir, abandonné par les vivants, Martris va découvrir qu'il est l'héritier d'un don rare et effrayant, qui va le conduire à aller chercher ses alliés… chez les morts !


Alors qu'au royaume de Margolan l'on fête la Revenante, l'une des multiples facettes de la Déesse Mère et que les invités se pressent vers la salle de bal du château royal, le prince Martris et son ami Sotérius remarquent que nombre de nobles ne sont pas présents et que les membre de la garde ont été remplacés par de jeunes soldats. Un peu plus tard alors qu'ils cherchent à découvrir les raisons de ces changements, ils vont dans les appartements du mage de sang assister au meurtre par le frère aîné Jared du roi Bricen. Pour échapper à la purge qui a déjà réduit à néant le reste de sa famille Martris prend la fuite accompagné de ses deux amis Sotérius le capitaine et Carrovet le barde. Pour sortir de la ville ils seront aidés par un huissier d'armes et les nombreux fantômes présents en cette nuit particulière.

Avec pour postulat de départ le vengeance et un jeune adulte qui découvre ses pouvoirs naissants le scénario s'annonce tout ce qu'il y a de plus basique. Avec un jeune qui est le seul à pouvoir sauver le monde on pourrait croire à un énième schéma de récit classique mais pas tout à fait car l'auteure fait preuve d'une pointe d'originalité en ce qui concerne l'univers.

Pour l'univers on est certes dans un monde médiéviste mais l'originalité vient des spectres qui hantent ce monde. Tout le monde est conscient de leurs présences et une nuit par an ils deviennent tangibles et sont vu de tous les habitants ce qui ne choque personne. Ces fantômes font bien partie de la vie normale. Le don du personnage central est de les voir en toutes circonstances et de pouvoir les faire inter-agir dans le monde comme des êtres vivants.

Les personnages sont nombreux, attachants à suivre bien qu'ils oient pour la plupart plutôt stéréotypés et qu'ils manquent dans ce premier opus d'un approfondissement certain. Le personnage, hormis le héros, le plus intéressant à suivre est leur guide une sorte de mercenaire à la fois, voleur, marchand, spadassin,... Les interactions orales entre lui et le prince Martris sont dotés d'une pointe d'humour qui apporte un peu de légèreté en opposition à leur situation que l'on pourrait qualifier de problématique.

La plume de l'auteur est fluide et malgré quelques chapitres un peu pesants vers le milieu du roman, le reste de l’histoire ne traîne pas en longueur comme c'est souvent le cas dans les tomes de mise en place du récit. Les rebondissements sont nombreux et les scènes de combat plutôt bien réalisées ce qui avec des descriptions courtes nous permettent une très bonne dynamique de lecture. Si les descriptions sont courtes, elles sont suffisamment dosées pour bien s’immerger dans l'univers, l'auteure ne s’embarrasse pas de fioritures inutiles et va dans la plupart des cas à l'essentiel.

Un bon premier tome malgré un thème central classique, la nécromancie ajoutant un plus indéniable à une histoire où le bien et le mal ne prennent pas forcément les formes auxquelles on est habitués de règle générale.


jeudi 25 janvier 2018

La compassion du diable de Fabio M Mitchelli


Lecture dans le cadre du challenge :





Deux flics, un tueur et des corps horriblement torturés, abandonnés au fond d'une rivière ou dans le vide sanitaire d'une maison. Démembrés, amputés, humiliés. Une traque à bout de souffle, mêlant présent et passé, sur les traces d'un tueur « par amour ». Librement inspiré du parcours sanglant de Jeffrey Dahmer, « le cannibale de Milwaukee », ce thriller psychologique à la mécanique implacable dissèque une âme diabolique, criminelle dès le ventre de la mère, et nous entraîne au bout de l'enfer.


Dans un parc national des environs de Cleveland des corps en décomposition et démembrés logés dans des barils bleus sont découverts par une unité de gardes forestiers. Freddy Lawrence, secondé par une nouvelle équipière, Victoria Flectcher, est chargé de mener l'enquête. Avec la découverte des neufs autres corps sur une seconde scène de crimes l'on monte rapidement dans l'horreur.

L'enquête s 'annonce compliquée pour le duo car la façon de procéder du tueur est difficile à déterminer au vu de l'état des corps en décomposition. Les deux enquêteurs vont devoir également faire face à la sur-médiatisation des découvertes mais aussi aux pressions de la hiérarchie inévitables pour des raisons politiques.

En parallèle de l'enquête l'on suit également deux autres personnages de premier plan. D'une part un romancier célèbre qui mène aussi l'enquête dans le but d'écrire un autre roman. D'autre part l'on suit bien évidemment le tueur en série d'un parcours s'étalant sur une vingtaine d'années. Mais ce qui est plus marquant c'est que l'on a ses pensées alors qu'il n'était encore qu’un embryon dans le ventre de sa mère.

Les éléments qui manquent au deux enquêteurs parviennent au lecteur par de nombreux mais aussi des jouissances qu'il ressent à chacun des actes particulièrement horribles qu'il commet : de sa traque à ses déviances.

S'il est intéressant d'avoir les ressentis et les faits selon des angles différents, l'auteur coupe systématiquement ces parties du roman que ce soit l'enquête ou les faits parallèles à des moments inopportuns ce qui indubitablement cause une impression de lecture hachée et finit par agacer le lecteur.

Côté enquêteurs, une fois de plus, on n'évite pas les clichés avec deux policiers torturés par leur passé. De surcroît le jeune enquêtrice fait montre d'une assurance qui n'est pas du tout en adéquation avec son ancienneté dans la fonction sans parler de ses autres errements. Le personnage du tueur est crédible car reposant dans sa construction sur des faits qui se sont réellement déroulés. Toutefois dans la répétition de ses actes nécrophiles et cannibales ont ne peut s'empêcher que l'auteur se complaît dans le sordide. Certes il a voulu mettre en avant que le tueur est le Mal incarné mais les scènes partiellement décrites, fort heureusement manquent de finesse dans leurs descriptions car trop souvent similaires.

Le style de l'auteur se révèle à certains moments confus notamment dans la confrontation entre l'auteur et le tueur. Quand au dénouement s'il colle parfaitement avec le titre il est complètement tiré par les cheveux.


Au final une histoire assez bien conduite malgré une intrigue parfois hésitante et des personnages qui peuvent parfois se montrer proches de la caricature. 


lundi 22 janvier 2018

Le sang d'Aldésie de Aurélie Genêt


Lecture dans le cadre du challenge :




L'Aldésie — royaume analogue à la France du XVIIe siècle — est par le passé sortie victorieuse de ses affrontements avec l'Empire Soarte, peuple de guerriers sorciers redoutable.
Aujourd'hui, Charles, monarque absolu, y règne d'une main de fer. Seul un bandit surnommé « le duc », Soarte aux pouvoirs étranges, s'oppose ouvertement à lui.
Un jour, contre toute attente, le souverain appelle à ses côtés Evy, son fils illégitime caché. Menant depuis l'enfance une simple vie paysanne, ce dernier se retrouve propulsé dans les pièges de la cour, au milieu des dentelles, des mots d'esprit et des duels.
Pourra-t-il déjouer le destin et trouver sa place ? Qui est sa mère ? Il apprendra à ses dépens la vraie raison de son retour en grâce.


Evy, qui a été abandonné bébé sur le seuil d'une chaumière du sud de l'Aldésie, apprend à quinze ans, par un soldat venue le chercher, qu'il est le fils bâtard du roi Charles. Sur les conseils de son père adoptif il prend la fuite, mais rattrapé et assommé il est emmené de force vers la capitale. Mais malgré la joie de découvrir enfin ses origines, l'adolescent va vite déchanté car en plus des humiliations subies il ne va pas parvenir à s'intégrer dans cette cour cancanière, frivole, comploteuse.

Avec pour postulat de départ une demi-quête identitaire cette fantasy intimiste s'avère des plus classique.

Le récit est essentiellement centré sur l'adolescent, les personnages qui évoluent dans son entourage immédiat, la vie à la cour et sa rencontre avec le bandit Soarte. Cette rencontre permet tout de même d’enrichir l'intrigue d'une orientation annexe.

L'auteure fait bien ressortir la vie à la cour où les courtisans sont au bon vouloir des humeurs du roi pour garder leurs positions acquises ou grimper dans la hiérarchie. Un monde où tout est basé essentiellement sur le paraître.

Les personnages s'avèrent réalistes, complexes et leur psychologie extrêmement bien fouillée. On n'a pas pas de mal à s'attacher à l'adolescent déraciné, c'est ce qui permet en sorte de maintenir le lecteur en éveil.

L'intrigue malgré une orientation annexe manque de profondeur, reposant seulement sur l'intérêt de découvrir l'identité de la mère de l'adolescent. Le récit malgré des rebondissements dans la vie d'Evy manque de rythme car il y a peut de moments d'action, l'auteure ayant privilégié la vie à la cour et les déboires de l'adolescent. Comme il est de coutume dans les fantasy intimistes et malgré des descriptions fort bien réalisées à certains moments le lecteur s'ennuie et à hâte de retrouver des passages plus dynamiques.

La plume de l'auteure est recherchée, travaillée mais très descriptive. Avec l’univers c'est le deuxième gros point fort du roman.

L'univers est très intéressant, bien documenté avec un fort potentiel mais comme l'intégralité du récit se déroule à la cour d'Aldésie et hormis quelques passages sur l'historique du royaume et des ses relations plutôt belliqueuses avec ses voisins, on ne sait rien de ce qui se passe dans le reste du royaume ou dans les royaumes contigus. Il est dommage que pour une fois que l'on évite l'éternel univers médiéviste, l'on reste sur sa faim.

Le dénouement reste ouvert, de mandant une suite car la dernière page fermée on ne peut échapper à l'impression que ce roman est une longue introduction à une série plus ambitieuse.



vendredi 19 janvier 2018

Les bruines de Lanester de Jean Failler


Lecture dans le cadre du challenge :




La découverte d'un clochard noyé dans le Scorff entre Lanester et Lorient, quoi de plus banal ? La disparition d'un directeur de société, ça arrive tous les jours ! Des loubards qui volent une voiture, cambriolent une maison... Routine que tout cela pour l'inspecteur Amédéo.

La vie s'écoule, simple et tranquille au commissariat de Lorient. Ou plutôt s'écoulerait, si une jeune femme, inspecteur stagiaire, ne s'avisait de vouloir contre toute logique, relier ces faits pour en tirer des conclusions pour le moins surprenantes.

Mary Lester parviendra-t-elle, dans cet univers d'hommes, à mener son enquête jusqu'au bout ?


Cantonnée a des taches purement administratives, l'inspectrice stagiaire Mary Lester alterne les permanences entre les commissariats de Lorient et de Lanester. Quand une femme lui signale la disparation de son mari elle ne peut s’empêcher de relier ce fait avec la noyade d'un clochard quelques jours plus tôt. Elle en réfère à son supérieure direct qui se moque d'elle en lui déclarant qu'il s'agit d'un accident et d'une fugue. La jeune femme qui déplore la misogynie dont elle est l'objet décide d'enquêter sur ces deux faits qui sont pour elle liés.

Les indices qu'elle va découvrir sautent aux yeux comme le nez au milieu de la figure : aucune finesse dans l'enquête qui paraît dater bien que rien ne vienne appuyé cette supposition. Certes on est dans un polar régional mais tout est lourd, lent, les recoupements d'informations son très simples et l'enquête des plus basique : on à l'impression d'être dans un très mauvais Derrick !

Certes l'auteur désirait mettre en avant sa protagoniste principale et faire ressortir la difficulté d'intégration des femmes dans un milieu alors purement masculin mais les autres personnages sont d'un caricatural des plus navrants. L'auteur est allé de manière grossière bien au delà des clichés auxquels ont est assez souvent confrontés dans ce type de polars du terroir. Le seul point intéressant de ce roman c'est les descriptions de Lorient et de sa banlieue mais malheureusement on est dans un policier et non dans un guide touristique.

La plume de l'auteur est simpliste, le ton voulu peut être humoristique est là aussi des plus désolants. Le roman est bourrée de coquilles et le français souvent approximatif.


Au final un polar de troisième zone bâclé tout comme l'enquête ou dés les premiers chapitres on connaît le coupable. Ce roman ne présente aucun intérêt.