lundi 27 février 2017

Sénéchal de Grégory Da Rosa


Lecture dans le cadre des challenges ;


 



« Sénéchal, la ville est assiégée ! »

Telle est la phrase que l’on m’a jetée sur le coin de la goule. Depuis, tout part à vau-l’eau. Oui, tout, alors que ce siège pourrait se dérouler selon les lois de la guerre, selon la noblesse de nos rangs, selon la piété de nos âmes. Nenni.

Lysimaque, la Ville aux Fleurs, fière capitale du royaume de Méronne, est encerclée et menacée par une mystérieuse armée. Et pour le sénéchal Philippe Gardeval, ce n’est que le début des ennuis. Suite à l’empoisonnement d’un dignitaire de la cité, il découvre que l’ennemi est déjà infiltré au sein de la cour, dans leurs propres rangs ! Sous quels traits se cache le félon ? Parmi les puissants, les ambitieux et les adversaires politiques ne manquent pas ; le sénéchal devra alors faire preuve d’ingéniosité pour défendre la ville et sa vie dans ce contexte étouffant d’intrigues de palais. 


Avant de commencer à parler du livre en lui même il est utile de préciser que le présent roman est le premier tome d'une série et non d'un one-shot comme le laisser à penser la présentation, ce qui est clairement duper l'éventuel acheteur. De surcroît la maison d'édition ne tarit pas d'éloges sur son jeune talent créant chez le lecteur un certain enthousiasme chez le lecteur qui sera forcément déçu si le roman n'est pas à la hauteur de ses attentes. Et comme c'est bien souvent le cas avec des romans trop mis en avant cela se confirme ici une fois de plus.

Avec une telle couverture et la première phrase de la quatrième de couverture l'on s'attend à une fantasy épique un peu dans le style de Miles Cameron, et là première désillusion : dès le début du récit on est à l'inverse plongé dans une fantasy intimiste rédigée sous forme de journal. On s'attendait en effet à assister d'une part à suivre les préparatifs de défense, d'autre part de ceux de l'adversaire. Mais que nenni, dans les premiers chapitres on assiste à une petite guéguerre de territoire entre deux des protagonistes principaux qui va malheureusement se poursuivre par la suite, c'est affligeant on a la nette impression d'assister à la scène où deux mâles lèvent la patte pour marquer leur territoire.

Quand au postulat de départ s'il prend un peu d'ampleur suites aux tentatives d'assassinats, il s'avère des plus basiques avec une guerre entre deux belligérants, motivée par une Église toute puissante. On a une fois de plus l'impression de revivre les faits et méfaits de l’Église Catholique Romaine qui voulait imposer par la force sa religion, n'en est pour preuve la muraille qui sépare l'un des pays antagonistes d'un territoire où vivent des démons. Une thématique qui n'est pas sans rappeler le mur d'Hadrien, et largement éculée depuis Georges R R Martin.

Il n'est pas difficile avec les titres des chapitres de s'apercevoir très rapidement que l'auteur va nous propulser dans un sempiternel univers médiéviste. Dès le début du récit, en même temps qu'il nous dépeint les différents protagonistes qui entourent le roi, l'auteur nous présente de manière laconique une partie des royaumes composant son monde géographique et leurs dirigeants. Mais là encore l'on n'a même pas daigné nous doter d'une carte pour les visualiser, et de plus on ne dispose pas d'indication par rapport aux points cardinaux pour les situer les uns aux autres. Il serait facile de rétorquer que cela n'est point nécessaire car l'intégralité du récit se déroule intra-muros dans la cité assiégée, alors pourquoi ne pas sans être tenu aux royaumes des belligérants. L'univers s'avère certes prometteur, mais encore faudra-t-il sortir de la cité car pour ce que l'on pu en découvrir il ne présente rien de bien original.

Pour son récit l'auteur a choisi le format Journal. Et qui dit Journal dit implicitement un seul narrateur ce qui donne au lecteur une vision limitée au seul ressenti du protagoniste principal, mais aussi une vision restreinte des faits et événements qui se déroulent puisque l'on n'assiste qu'à de qui se passe dans l'entourage immédiat du roi. Du siège mis devant la cité, l'on ne sait absolument pas ce que ressentent les habitants de la ville, les soldats qui se préparent au combat, les préparatifs,... L'on ne sait rien de ce qui se passe dans le camp adverse, les antagonistes nous ont été brièvement présenté, ceci de manière manichéenne, mais qu'en est-il réellement ?

Le style d'écriture à consonance très médiévale donne certes beaucoup de profondeur à l'univers, le phrasé très imagé, à grands renforts de métaphores, s'avère intéressant notamment dans les inter-actions verbales entre les différents personnages, Mais... dans la première partie ils sont parfois tous deux par trop présents : les notes de bas de pages se succèdent et ne sont peut être pas toutes utiles ; le langage imagé sont à certains moments bien placées, mais elles donnent de la lourdeur - proche du ton ampoulé - au récit quand elles s’insèrent entre des parties descriptives un peu longues, ou mêmes lorsqu'elles sont trop longues.

La deuxième partie du récit s'avère plus dynamique, avec moins de descriptions, des événements qui se précipitent, l'intrigue se développe enfin et l'on assiste à un combat entre magie et nécromancie réglé de très belle manière, très visuel tant sur le plan action que sur le plan émotions. Ce passage donne au récit une petite touche Dark-fantasy qui ne demande qu'à se développer par la suite.

En revanche, la troisième partie se révèle pesante avec les échanges entre le Sénéchal et le Confesseur du Roi. L'on revient sur les introspections du premier qui étaient peut être une petit peu trop nombreuses précédemment et aussi un peu trop répétitives. A cela s'ajoute une très longue diatribe sur le bien fondé d'une guerre de religion. Une dernière partie partie qui donne un air de déjà lu à l'histoire et une approche un peu trop manuel d'histoire  : il y a beaucoup trop d'analogies entre l’Église de Syncrésie et l’Église Catholique Romaine, le don du sacrifice pour sauver les autres du Mal, le bien fondé de cette guerre pour que le Bien puisse dominer dans le monde, les morts que la guerre génère des dommages collatéraux,... Ona l'impression très nette que l'auteur à réadapter à sa manière des faits avérés de l'histoire dune manière un peu trop évidente.

Certains personnages révèlent un beau potentiel pour la suite, même si l'on n'est pas convaincu du personnage principal trop geignard sur sa vie. L'on espère que des personnages dit de second plan seront plus présents par la suite. Que les relations entre les différents personnages seront plus développées avec le final de ce tome qui offre de nouvelles perspectives et que les dialogues seront toujours aussi savoureux.

Un premier tome qui a du potentiel, l'univers doit s'affranchir du huis-clos, le récit doit être centré sur plusieurs personnages et non sur un seul, les descriptions doivent être mieux dosées, par petites touches,... L'on est dans un premier roman et cela s'en ressent un peu trop, les maladresses sont nombreuses, certaines laissées de côté dans cet avis. On est très mitigé et il faudra que les chroniques d'autres bloggeurs soient plus positives pour que l'on opte de lire la suite.







mercredi 22 février 2017

Les talismans de Danann de Romain Godest


Lecture dans le cadre des challenges :

 


En fuyant vers l'Irlande, Aela et ses compagnons ne pensaient pas marcher sur les traces des Tuatha Dé Danann, peuple légendaire du Sidh. Alors qu'Exarh et la fée d'Huelgoat s'allient dans l'ombre, Kaelig et sa fille braveront tous les dangers pour contrer les desseins du demi-frère de Merlin. Aidés par un légendaire dragon, ils côtoieront la mort en personne pour sauver le monde de la destruction.


Accompagnée de son père le Seigneur Kaelig, du barde Caerwyn, de l'Elfe Glohar et de Naloe la Sylphe, Aela fait route vers l'Irlande, à bord d'un brigantin pirate, afin d'y trouver de l'aide pour vaincre le Fléau des Âges Stériles que la jeune femme à involontairement réveillé.

Après, dans les deux premiers opus, nous avoir fait voyager sur les traces de la Fée Viviane et de Merlin l'Enchanteur, et nous présenter les lieux mythiques de la Légende Arthurienne, et nous faire découvrir l'univers des alchimistes, l'auteur nous entraîne vers la Verte Erin pour ce dernier opus. Après avoir découvert les bases des Légendes Bretonnes, la mythique Pierre, l’auteur nous propose de découvrir celles des Légendes Celtes.

Avec cet ultime tome l'univers se développe ainsi que l'intrigue qui prend de l'ampleur mai reste résolument basique avec la quête des artefacts des divinités du panthéon celtique. Pour cela il nous invite à visiter les lieux mythiques et historiques des légendaires peuples qui y vécurent bien avant la venue des hommes.

La trilogie dans son ensemble, plutôt orientée Jeunesse et YA, nous offre de très bonnes bases pour faire connaissance avec ces légendes, mais pour les férus de ces thématiques l'on reste un peu sur notre faim, on aurait aimé que l'auteur aille plus loin dans ces univers et étoffe un peu les trois volumes qui sont indéniablement un peu trop courts.

Dans ce troisième volume l'auteur nous fait également découvrir un peu lus l'Autre-Monde, le Sidh, avec de nouvelles créatures qui apparaissent dans le récit ce qui avec les autres points déjà décrits ci-dessus donne plus de profondeur à l'histoire.

La lecture de cette trilogie est aisée et agréable à lire, le style de l'auteur est efficace. Les passages descriptifs sont bien dosés malgré tout de même à notre goût un manque d'action dans la première partie du récit. Les événements qui surviennent sont intéressants et fort bien placés pour relancer le rythme de lecture. Les combats auraient être un peu plus longs, ils sont certes visuels et dans l'ensemble bien décrits mais on aurait aimé un côté épique plus présent l'histoire s'y prêtant bien.


Au final, une bonne trilogie, certes un peu courte pour les lecteurs exigeants, classique dans sa trame, on passe un bon moment de détente. A conseiller aux lecteurs qui ne connaissent pas ces univers et qui voudraient les découvrir sans trop de prise de tête et de manière ludique. 




samedi 18 février 2017

Le tueur intime de Claire Favan


Lecture dans le cadre des challenges :

 




Attention ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains. Vous allez entrer dans la tête du tueur... et avec Will Edwards vous n'en sortirez pas indemne. On vous aura prévenu ! À quinze ans, Will a déjà conscience de sa différence. Solitaire, maltraité, il jette son dévolu sur une de ses camarades de classe. Ce qui n'aurait dû rester qu'une banale amourette devient une véritable obsession pour celui qui se révèle déjà comme un prédateur redoutable. Car Will est un tueur en série en devenir qui se construit pas à pas. Lorsqu'il estime le temps venu de livrer ses victimes au monde, il part sur les routes des Etats-Unis. Sa signature déroutante ne tarde pas à attirer l'attention du FBI. Pourtant, l'enquête de l'unité spéciale s'enlise. Un nouveau profiler, RJ, arrive alors en renfort dans l'équipe. Tous les espoirs reposent sur lui pour démêler les mises en scène de ce tueur diabolique.


Au début du roman l'auteur nous plonge dans l'intimité du sérial killer en devenir nous décrivant les tortures infligées par ses camarades de lycée, les humiliations infligées par les professeurs qui font de lui la tête de turc de la classe. L'adolescent n'a qui vers se tourner puisque chez lui c'est encore pire depuis la mort de sa mère qui n'était pas exempte de tout reproche.

Puis sa vie change lorsqu'une nouvelle lycéenne prend sa défense mais cette situation plonge l'adolescent dans un dilemme : comment des gens peuvent-ils être heureux alors que lui souffre autant. La bonne action ne va pas avoir l'effet escompté car l'adolescent bascule et l'auteure nous plonge graduellement dans l'horreur en nous décrivant minutieusement le parcours du jeune homme. Elle nous livre les meurtres qui se succèdent insistant par tous les stades, toutes les émotions, que ressent le jeune homme : l'excitation pendant les phases de repérage de sa future victime, jubilation et fierté lorsqu'il parvient à faire souffrir ses victimes à un degré qu'il espérait ou lorsqu'il trouve de nouvelles tortures à inclure dans son cérémonial, colère et frustration lorsque ses proies meurent trop vite. Colère et frustration envers lui même également car la proie n'était pas à la hauteur de ses attentes et qu'il faut qu'il améliore sa technique.

Certes les scènes sont assez répétitives, mais c'est un peu normal avec un sérial killer qui reproduit généralement la même schématique, mais si cette impression se fait jour dans la tête du lecteur c'est le style qui produit cet effet, trop simple paraissant linéaire malgré les nombreux rebondissements. On ne peut écarter à la lecture cette impression qui fait ressortie une peu trop ouvertement qu'il s'agit d'un premier roman.

Un point renforcé par les inévitables clichés sur les enquêteurs, on a la nette impression que l'auteure a voulu regrouper tous les travers de la police : le bleu, l'ivrogne, la nymphomane , le bourreau de travail qui vient de divorcer et ne sait comment réagir avec les femmes... en ne décrivant que les plus puérils. L'accumulation de ces multiples travers sur une équipe,en est risible pour ne pas dire décevant.

Et que dire de la conclusion de ce roman, certes elle laisse présager une éventuelle suite, mais elle s'avère par trop téléphonée.

Au final les promesses de la quatrième de couverture n'ont été que partiellement respectée et c'est donc avec un avis plutôt mitigé que l'on sort de cette lecture. Pourquoi faut-il que les éditeurs se doivent obligé d'inclure sur la dernière de couverture des avis de lecteurs imaginaires, cette manière de procéder tend à ce que l'on juge plus sévèrement le roman lorsqu'il ne répond pas pleinement à nos attentes et qui ne donne aucune envie de lire un autre ouvrage de l'auteur.




dimanche 12 février 2017

vendredi 10 février 2017

Les larmes de givre de Boris Kevitch


Lecture dans le cadre des challenges :

 


Sur une terre lointaine, trois empires se préparent à l’inévitable … Alors qu’un nouvel âge se présente, les cœurs asséchés par la haine ont oublié la splendeur du vivre ensemble d’autrefois. Alric, talentueux épéiste de la garnison de l’Ancre, se prépare à rejoindre le front pour défendre son royaume assailli de toutes parts, mais son capitaine de garnison en décide autrement. A contrecœur, le jeune soldat part pour une mission dont il ne se doute pas un instant qu’elle changera non seulement sa vision du monde, mais aussi sa vie et le cours de l’histoire. Une aventure dont personne ne sortira indemne.

On découvre le premier des protagonistes de l'histoire alors qu'il annonce son plan pour envahir l'Empire voisin séparé du sien, la Galamédrie, par une muraille.

Un postulat de départ des plus simples avec une lutte opposant deux pays voisin, et une lutte interne pour le pouvoir dans le troisième.

On découvre en même temps que le premier personnage une partie du monde géographique dans lequel s’inscrit le récit. Une carte figure en début de roman mais malheureusement illisible comme dans la majorité des ebook.

Le premier personnage est un être fourbe, prêt à tout pour devenir le héros de sa nation, qui ne recule devant aucune bassesse : il a tué son frère en combat singulier pour devenir le Champion de son souverain Immortel, et n'hésitant pas à liquider dans ses propres rangs ceux qui risqueraient d'entraver sa stratégie. Bien que la psychologie de ce personnage soit assez fouillée, l'on est proche du stéréotype du genre.

Puis avec le second protagoniste, l'on se trouve projeté dans l'autre Empire, et cette fois-ci l'on a encore droit à une guerrier d'exception puisqu'il est le meilleur bretteur de son régiment. Envoyé en mission secrète, il va vite gravir les échelons, mais il va aussi tombé amoureux d'une jeune esclave. Donc l'on a droit bien entendue à une romance, dont on aurait pu se passer. Une romance qui conduit à une scène de sexe qui tranche un peu trop avec le côté épique du récit. Un personnage avec lequel il est certes facile de s'attacher mais qui s'illustre peut être avec trop de facilité. C'est à travers l'aventure qu'il va vivre que l'on en sait plus sur la guerre qui déchire les deux nations depuis plusieurs décennies. Un petit historique assez bref, l'auteur n'étant pas trop orienté vers le côté descriptif. De ce fait on en sait somme toute assez peu sur l'univers dans lequel évolue les personnages, ce qui va encore se confirmer tout au long de ce premier tome. Sans nous gratifier de longues descriptions rébarbatives l'auteur aurait tout de même pu nous en appendre une peu plus, le récit étant essentiellement centré sur mes personnages principaux, et l'on ne sait rien de ce qui se passe autour d'eux : c'est sur ce point que réside la faiblesse du roman.

Avec la quatrième protagoniste, la jeune fille étant l'amoureuse du second, le plus intéressant de tous, à notre humble avis, que l'histoire va prendre un peu d'épaisseur. En effet puisqu'il s'agit du frère du premier qui a survécu à ses blessures grâce... gardons le suspense ! Un personnages de prime abord mystérieux, qui va lentement se révéler par petites touches tout au long du récit tout en gardant une part de mystère intéressante pour la suite.

Puis l'auteur nous projette dans le troisième Empire comme l'indique le titre de la série. On se retrouve, comme annoncé dans le postulat, en pleines luttes intestines dans une nation qui n'est pas sans rappeler celle des Vikings où l'on suit un dirigeant et sa famille. Si l'on en sait un peu plus sur les différents protagonistes de deuxième plan, là encore on ne sait pratiquement rien sur le mode de vie et les us et coutumes du peuple. Un personnage que l'on ne voit que très peu, plutôt classique dans le genre nordique, mais qui devrait être plus présent dans la suite de l'histoire.

L'histoire en elle même, sans révolutionner le genre, est intéressante et prenante, les combats et les duels sont très bien orchestrés, tous comme les événements qui se succèdent sans temps mort. Le développement de l'intrigue, certes simple offre une excellente dynamique de lecture, avec des batailles et des duels si minutieusement décrits que l'on entendrait presque le briut des armes qui s'entrechoquent.

Le style de l'auteur est parfaitement adapté à cette fantasy épique, direct tout le long du récit, et plus incisif dans les moments d'action : on va à l'essentiel sans fioritures. Il faut également souligné que l'on ne relève pas de fautes d'orthographe, ni de fautes de frappe, ce qui est plutôt rare dans les ebook à petits prix et auto-édités.

Un très bon premier ouvrage, plaisant à lire avec certains indices laissant à penser que l'univers va s'étoffer dans les tomes à paraître. C'est avec une certaine impatience que l'on attend la suite des aventures des héros même si l'on est somme toute dans une fantasy classique de type médiéviste.








vendredi 3 février 2017

La reine des démons de David Drake


Lectures dans le cadre des challenges :

 


Garric, Sharina et leurs compagnons n'en ont pas fini avec les forces du mal. L'Homme au Manteau a été vaincu, mais deux monarques convoitent toutes les terres connues. Garric doit prouver au monde - et à lui-même - qu'il est digne de régner. Sharina devra conquérir son indépendance. Cashel a pour mission de sauver une princesse des griffes d'un sorcier maléfique et, de son côté, Ilna, va devoir décider à qui profitera sa puissante magie. Chacun a un combat à mener, tous devront accomplir des actes de grande bravoure et transcender leurs limites, pour n'en devenir que plus forts.


A la fin de l'opus précédent les quatre protagonistes principaux s'étaient retrouvés après nombre de péripéties toutes les plus décousues les unes que les autres. Un premier tome qui s'avérait des plus décevant.

Le prologue nous introduit la Reine des Isles, et l'on assiste à un sacrifice humain pour invoquer une Bête. Puis l'on retrouve les quatre protagonistes groupés, mais pas pour longtemps car l'auteur, une mise en place des plus lentes, va adopter le même synopsis qu'au tome précédent et les quatre jeunes et les personnages secondaires qui les accompagnent vont de nouveau être séparés par une tempête magique. Et les voilà de nouveau plongés dans des péripéties, certes plus nombreuses qui vont entraîner le lecteur dans une certaine confusion avec moult péripéties les plus caricaturales les unes que les autres.

L'intrigue principale commence à se développer mais l'on a un peu de mal à suivre Garric à la conquête du trône : son ancêtre est encore très présent et l'auteur mélange le présent avec la bataille du passé ce qui crée dans le développement des longueurs pas très utiles pour le récit principal.

L'univers des Isles se développe peu car d'abord du fait que l'on se retrouve une fois de plus promenés de plans en plans, et que le peu de fois où l'on se trouve dans le présent le récit reste centré sur les personnages et que les lieux sont peu décrits. On passe beaucoup de temps a essayer de suivre les différents personnages dans leurs aventures plus nombreuse qu'au premier opus. Une fois de plus l'auteur a misé sur le quantitatif plutôt que sur le qualitatif. Un sentiment renforcé par les chapitres qui alternent en leur sein les péripéties de chacun avec seulement à chaque fois quelques paragraphes ce qui donne un récit haché que le lecteur a de plus en plus de mal à suivre.

Si l'auteur a voulu donner un côté dark-fantasy à son récit avec profusion de plans et nombres de démons, d'une part les scènes sont caricaturales manquant à la fois de crédibilité et se succédant sans vraiment de liens entre les différents histoires de chacun des personnages et d'autre part d'un style brouillon. A cela il faut ajouter que lorsque les personnages sont en danger l'auteur les sort à chaque fois des situations avec trop de facilité ce qui fait que l'histoire manque cruellement de profondeur. Tout comme les personnages qui se développent peu pour ne pas dire pas du tout, et qui se révèlent aussi fades que dans le premier opus. Les nouveaux personnages de second ne sont également pas travaillés ou alors très caricaturaux.

Il est dommage que l'auteur n'est pas travaillé cette série car il y avait des possibilités pour produire un récit intéressant mais tout à été fait pour que l'histoire soit inintéressante du style à la trame narrative. Même si l'auteur a donner plus de rythme à son récit il se passe beaucoup trop de choses n'ayant que peu de rapport avec l'intrigue principale pour que le lecteur n'ait pas envie de sauter des paragraphes entiers.

Au final pas d'évolutions par rapport au premier volume et l'on comprend mieux pourquoi la maison d'édition n'a pas poursuivi l'aventure. On espère que le tome suivant se révélera plus intéressant et plus centré sur l'intrigue principale.






vendredi 27 janvier 2017

L'Akashaë, Arnaud Cornillet


Lectures dans le cadre des challenges :

 


« Arianor, un monde peuplé de magie et de créatures fantastiques, un endroit merveilleux où tout semble possible... », voilà ce qu'on lui a promis, mais la réalité est tout autre. Depuis qu'Hayden a quitté la Terre pour rejoindre Arianor, le seul cadeau qu'il a obtenu est un coup de poignard dans le dos, au sens propre comme au figuré... L'heure est donc aux règlements de comptes !
Le jeune homme décide alors de se rendre dans les Terres Noires et de contrecarrer les plans de son ennemi. Mais, il est hélas trop tard... Le nécromancien et son armée de morts ont déjà franchi les Portes du Quevorah et rejoint la Terre pour assouvir leurs désirs de conquête.
Rapidement, sur Terre, les humains organisent la résistance et s'acharnent à repousser les envahisseurs. Les combats sont désormais engagés, mais la question subsiste : quel genre d'arme peut venir à bout d'une créature déjà décédée

Après la trahison de Lily et de son père qui se sont alliés au Roi des Terres Noirs, les membres sur vivants du groupe font vers Atrora. Sur le bateau qui les ramène, Thaliur, le seul Elfe bleu survivant de l'attaque de l'âme damnée de Faust, Vardock, menée sur l'île de Nivurse. Il tente en vain de soigner Lucas qui est dans un état préoccupant.

Ce second opus s'ouvre sur l'arrivée du bateau sur l'île principale. L'auteur en profite pour développer son monde avec une description de l'île qu'il n'avait peu décrite précédemment. Hayden se présente au conseil où il y est intronisé à la place de Kyle, le traître. La guerre étant imminente, l'on assiste à de multiples entrevues avec les rois des différents royaumes, ce qui permet à l'auteur de développer son univers en nous présentant toutes les ethnies qui composent son monde tout de même assez restreint. Ce n'est qu'au conseil qu'on découvre les multiples représentants sans découvrir géographiquement les royaumes. Le conseil a fort à faire pour convaincre les dirigeants de s'allier pour détruire l'armée du nécromant. Les pourparlers sont très longs pour convaincre des peuples qui se haïssent à faire cause commune, ce qui n'est pas sans créer de nombreuses longueurs qui se succèdent. Une première partie très descriptive qui finit par près de la moitié du récit à lasser le lecteur.

La reconstruction de la Porte du Quevorah prend un temps de temps et lorsque Hayden et quelques compagnons d'armes se rendent sur les Terres Noires il est trop tard Faust et son armée démoniaque à déjà envahi la Terre. L'auteur nous décrit brièvement l'arrivée, mais par la suite l'on n'assiste pas aux combats qui oppose les monstres à l'armée américaine qui est dépassé. On aurait aimé voir la confrontation entre les deux forces, la magie contre la technologie, mais l'on n'assiste un peu plus tard qu'à brèves scènes de combat de rues sporadiques. Cette partie manque totalement de crédibilité car les militaires sont quasiment impuissants face à des créatures humanoïdes toutes puissantes. L'auteur n'a certainement pas du d'informer de la performance des armes actuelles, c'est un peu prendre les lecteurs pour des couillons.

Dans ce second opus l'on voit apparaître des personnages de second plan nouveaux, s'avérant pour certains intéressants, notamment la Mort personnifié, une référence aux légendes bretonnes. Les personnages découverts au premier opus n'évoluent que très peu, uniquement sur la fin. L'auteur préférant faire la démonstration de leur puissance plutôt que s'intéresser à leurs psychologies, rien de plus que l'on n'avait découvert dans le tome introductif.

Le style de l'auteur, sauf dans la toute dernière partie, s'avère plutôt linéaire et l'on relève quelques fautes de frappe.

Le final se transforme en conte de fées avec pour plusieurs personnages : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.


Si le premier tome nous laissait envisager une suite intéressante avec de nombreux combats à venir entre plusieurs des protagonistes des deux camps, ses possibilités n'ont pas étaient suffisamment exploitées. Un dernier opus très long dans sa première partie et décevant dans la seconde. Certains passages devraient être allégés et moins répétitifs, et le final devraient être plus travaillé.





jeudi 19 janvier 2017

Snjor, Ragnar Jonasson


Lectures dans le cadre des challenges :

 


Snjór. La neige, en islandais.
Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l’Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé.
Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef. Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige ; un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local... Ari Thor se retrouve plongé au cœur d'une petite communauté où chacun tient l’autre par ses mensonges et ses secrets. Une avalanche et des tempêtes de neiges incessantes ferment temporairement l’accès du tunnel. La nuit polaire ne réserve plus une seule minute de jour… Un effroyable sentiment de claustrophobie submerge peu à peu Ari, que viennent également tourmenter des résurgences de son passé. L’étau se resserre autour du policier, aveuglé par la neige et les faux-semblants, sombrant dans sa propre noirceur.
 
Une petite ville du Nord de l'Islande «où il ne se passe jamais rien », Siglufjördur, c'est là qu'Ari Thor prend ses fonctions après avoir été contacté par le Sergent Toma, chef de la police locale. Alors qu'il n'a pas complètement achevé ses examens d'entrée dans la police, le jeune homme va rapidement être confronté à deux faits suspects, tout d'abord la chute dans l'escalier du théatre d'un écrivain de renom dans le pays, puis la découverte d'une jeune femme retrouvée poignardée, à demi-nue dans la neige.

A la mode nordique l'auteur plante, après avoir présenté les protagonistes principaux, le décor : une petite ville de province, bien tranquille, reliée par un tunnel rapidement rendu inaccessible par une tempête de neige. L'auteur joue principalement sur l'atmosphère où tout le monde se connaît. Une atmosphère en huis-clos où règne la loi de l'omerta et où les petits secrets de chacun sont nombreux. Une petite ville où l'étranger venu du Sud, le jeune enquêteur venu de la capitale va devoir évoluer tout en étant l'objet de méfiance des autochtones.

C'est dans cette atmosphère plutôt hostile à son égard que va devoir enquêter le jeune homme déjà marqué par la vie, ce qui est assez courant avec des auteurs nordiques. Le lecteur se rend immédiatement compte que rien ne va être aisé pour le jeune homme, que les pistes vont se multiplier, encore faudrait-il que ces pistes soient les bonnes.

En parallèle de cette enquête qui avance doucement, très doucement , l'auteur nous fait suivre l' agression d'une femme une vingtaine d'année auparavant. Une agression qui ne semble n'avoir aucun rapport avec l'enquête en cours dans la petite ville. Si l'enquête piétine l'auteur nous dresse un très beau portrait de cette petite ville de province entièrement coupée du monde où chacun épie son voisin.

Ce n'est que dans la dernière partie du roman que les indices arrivent au lecteur, soit directement, soit par le biais du jeune enquêteur. Un final peut être un petit peu trop rapide par rapport à la longue mise en place, mais c'est souvent le cas avec les policiers nordiques, et mê aussi dans les policiers en général si l'on ne connaît les coupables en début de roman.

Sur la plume de l'auteur pas vraiment d'observation à effectuer. C'est bien écrit mais sans vraiment sortir du lot.

Au final une ambiance lourde à souhait, des personnages à multiples facettes, un personnage principal sombre qui aurait pu être un peu plus exploité, un fond politique complètement délaissé. Un très bon moment de lecture mais qui ne se démarque pas vraiment des autres auteurs venus du froid.