mercredi 27 avril 2016

L’œil du monde, Robert Jordan


Lecture dans le cadre du challenge :






La Roue du temps tourne à mesure que les Ères se succèdent... Et bien vite elle va entraîner dans sa course effrénée Rand et ses amis, obligés de fuir leur village contre lequel de monstrueux géants ont lancé l'assaut. Jetés sur les routes, ils n'ont pas d'autre choix que de suivre Moiraine la magicienne, en direction de la cité de Tar Valon où ils seront enfin en sécurité ! Le temps presse, car l'un des compagnons est peut-être le Dragon réincarné, celui qui doit vaincre les Ténèbres...


Alors que son père et lui traversent le Bois de l'Ouest pour livrer une cargaison d cidre et d'alcool de pommes au village de Deux -Rivières, Rand s'aperçoit qu'ils sont suivis par un étrange cavalier. La présence étrange de cet homme tout de sombre vêtu suscite chez le jeune homme une sorte de malaise. En effet, alors que le vent s’engouffre dans ses vêtements, la cape de l'homme ne bouge pas du tout. Lorsqu'il informe son père qu'ils sont suivis et se retournent, l'étrange cavalier a disparu comme par magie. Mais les appréhensions du jeune homme vont vite se vérifier, leur ferme est attaquée par des Trollocs. Son père blessé il l'amène a Deux-Rivières, qui a également subi l'assaut des forces du ténèbres. En soignant son père, Moiraine, l'Aes Sedai, va lui révéler que c'est lui et ses compagnons qui sont réellement traqués.

Après un prologue qui nous présente la sempiternelle lutte du Bien et du Mal, l'auteur nous présente l'un des protagonistes principaux, esquisse une partie de son univers et nous présente le début du contexte de son intrigue. L'histoire est quand même très, très complexe, avec tous les âges qui se succèdent les aventures de tel ou tel personnage illustre, qui déroute parfois le lecteur qui doit ingérer toutes ces informations. Des Âges qui ne sont pas sans rappeler un certain SDA. Si les longs paragraphes descriptif peuvent paraître un tant soit peut rebutants, ils sont nécessaires à l'imprégnation de l'ambiance particulière de l'histoire, ce qui est un mal nécessaire pour connaître les lieux lorsque l'on s'engage pour une histoire au long cours. Le récit suscite chez le lecteur une fausse impression de course poursuite, si les périodes d'accalmies sont nombreuses, elles s'imbriquent parfaitement avec celles plus mouvementées d'actions, et l'histoire, avec cette osmose, dégage une bonne dynamique de lecture dynamique .


Descriptions très précises, très détaillées et le monde imaginé par l'auteur se révèle très dense. Un univers que l'on découvre au fil des chapitres. Dés le début du récit avec la fête de la fin de l'Hiver, l'auteur s'est également inspiré de la culture celtique. L'on retrouve également une allusion à la Guerre de Cents Ans avec le combat mené contre les forces du mal d'une même durée. Les lieux visités ou traversés son très visuels, l'on a presque l'impression de s'y trouver. Un univers qui vu la qualité n'est pas sans tout de même créer certaines longueurs.


Dans ce premier tome l'auteur prend le temps, après avoir introduit le récit, d'installer ses personnages qui sont très fouillés et plutôt nombreux : trois jeunes garçons et deux jeunes filles, tous marqués par un destin dont ils ignoraient tout. On retrouve avec ces personnages un thème récurrent en fantasy où de jeunes gens doivent sauver le monde. On apprécie dés le début ces jeunes gens qui à l'inverse de bien des fantasy se sentent dépassés par ce qui leur arrive. En effet leurs réactions restent cohérentes, exactement ce que l'on attend des jeunes gens de leur âge. A ces personnages s'ajoutent, en plus de l'Aes Sedai et de son Champion, du ménestrel, des protagonistes secondaires que l'on découvre au fur et à mesure du récit et qui se révèlent intéressants même si certains dans ce présent volume occupe peu de place. Avec pas moins de trois femmes dans le groupe et notamment la magicienne qui occupe par ses actions une place de premier ordre l'auteur fait la part belle à la gent féminine dans cette saga. Des personnages féminins plutôt bien trempés qui nous donnent des colères mémorables. Le personnage avec lequel l'on s'attache le moins est celui du Champion qui reste très mystérieux pour ne se révéler que vers la fin du tome.

Le style de l'auteur, malgré la précision du récit, se révèle dans son ensemble plutôt fluide et la dynamique de lecture, avec de nombreux retournements de situation, est également bonne car il ne faut pas oublier que l'on est dans un tome introductif à une très longue saga et qu'il faut poser de manière très explicite les différents rouages de l'histoire.

En résumé l'on a un univers bien construit, cohérent, une aventure divertissante,
mais le récit manque cruellement d'originalité avec des Trollocs qui ressemble étrangement à des Orcs, de jeunes amis promis à une grande destinée... Une fresque prometteuse qui malgré certains petits défauts parvient à retenir l'attention du lecteur.





AVRIL 2016

PARTENARIAT


ACHATS MENSUELS AVRIL 2016

FORMAT PAPIER


 



FORMAT ELECTRONIQUE


 


L'épée d'argent, David Zindell


Lecture dans le cadre du challenge :


Valashu Elahad, le fils du roi de Mesh, poursuit sa quête de la Pierre de Lumière sur les terres de Morjin, l'ennemi de ses ancêtres et de tous les peuples des Neuf Royaumes. Or les pouvoirs de Morjin sont immenses car celui-ci peut apparaître sous la forme qu'il aura choisie. L'épée magique Alkaladur et le don d'empathie du jeune Valashu seront-ils suffisants pour affronter un tel sorcier ? Au cœur des Montagnes Blanches, le prince et ses compagnons vont découvrir un monde de ténèbres auquel rien ne les préparait.


On retrouve les sept aventuriers pratiquement où on les avaient laissés au tome précédent. C'est à dire lors de la remise de l’Épée d'Argent par les prêtresse de l’Île aux Cygnes. C'est donc sur le bateau qui les ramènent vers le continent que nous reprenons contact avec eux.

L'intrigue ne change pas du tome précédent puisqu’ils sont toujours à la recherche de la Gelstei d'Or, la coupe sacrée qui doit leur permettre de sauver le monde en empêchant le Seigneur des Mensonges d'avoir la mainmise sur tous les territoires. Donc pas de changement dans le synopsis de l'histoire puisque cette suite va les mener d'indices en indices vers la Pierre de Lumière.

Un récit qui en plus de la coupe sacrée, avec cette fois-ci une épée magique, qui n'est pas sans rappeler Excalibur. Une histoire tout ce qu'il y a de plus classique, calquée sur le Cycle d'Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde. Mais aussi sur le Seigneur des Anneaux et La Roue du Temps avec ces références aux Âges, qui se révèlent au fil du récit un peu trop présentes.

Comme au tome précédent c'est de péripéties en retournements de situations que l'on va suivre nos héros, l'auteur en profite pour développer son univers en nous faisant découvrir de nouvelles contrées et de nouvelles ethnies. Les descriptions sont bien dosées, juste ce qu'il faut pour que l'on puisse s'immerger dans l'univers de l'auteur. Ce qui était déjà le point fort de l'auteur au tome précédent, prend encore de l'ampleur et le lecteur a de plus en plus l'envie de découvrir de nouvelles choses. En effet, l'auteur ne se cantonne pas, comme c'est souvent le cas, à l'univers médiéviste, il intègre des éléments qui se rapportent à des civilisations plus anciennes.

Plus l'on se rapproche du but plus le récit gagne en intensité, toutefois on aurait aimé que les combats soient un peu plus approfondis. Certes le récit se veut moins descriptif, et se veut plus dans l'action, l'auteur n'hésitant pas à en faire baver à ses protagonistes. Mais comme signalé juste avant le côté épique devrait être plus soignée. Le récit étant vu par les yeux du protagoniste principal, l'auteur en profite pour développer les états d'âmes de ses personnages notamment par la prescience que l'épée confère au Valari. Suite à la confrontation avec l'un des alliés de Morjir l'un deux sept meurt, mais l'auteur a vite fait de le remplacer et bien entendu celui-ci dispose de la Gelstei qui leur manquait. Les personnages sont certes attachants, mais parfois ils se tirent trop facilement de situations critiques et cela a une incidence sur l'empathie qui nous lie à eux. Toutefois l'auteur n' a pas réussi totalement à s'affranchir complètement des stéréotypes.

Malgré parfois des passages un peu longs, la plume de l'auteur est plutôt fluide et le style assez simple permettent une bonne dynamique de lecture. Quand au final il nous laisse présager pour le tome suivant une nouvelle intrigue, ce qui donne irrésistiblement l'envie de poursuite la lecture du cycle.








mardi 26 avril 2016

Les Templiers, ces grands seigneurs aux blancs manteaux, Michel Lamy


Lecture dans le cadre du challenge :


L'Ordre du Temple fut certainement, au Moyen Age, l'institution la plus puissante de la civilisation occidentale. Bien que des milliers de volumes et de brochures lui aient été consacrés, son histoire demeure constellée de mystères. Cette enquête cherche à en élucider quelques uns. Officiellement, l'Ordre fut constitué par neuf humbles chevaliers. En moins de deux siècles, il devint un immense empire militaire, politique et économique. Ce colosse aux pieds d'argile s'effondra le 13 octobre 1307 sous les coups de Philippe le Bel et de son éminence rouge : Nogaret. Pour quelles raisons le plus pur et le plus sûr modèle de Chevalerie que l'église ait créé connut-il un essor si prodigieux ? Pourquoi succomba-t-il si brusquement dans l'opprobre, le sang et les flammes ? Michel Lamy s'emploie à décrire ce long règne aussi bien en Terre Sainte qu'en France. Il démontre que loin d'avoir été réunis par hasard, les neuf "pauvres diables", chrétiens par excellence, furent chargés d'entreprendre à Jérusalem, sur l'emplacement du Temple de Salomon, des fouilles destinées à exhumer l'Arche d'alliance. Ces investigations achevées, l'Ordre du Temple prit l'apparence d'une firme multinationale, développant le commerce, créant la plupart des instruments financiers "modernes" et s'évertuant à proscrire sur les lieux de ses implantations la famine et la misère. A la fois moines et guerriers, les Templiers œuvrèrent au grand jour. Toutefois, dans le secret de leurs commanderies se célébraient d'étranges cérémonies à propos desquelles on a glosé parfois jusqu'à l'absurde. Quelles réalités recouvraient-elles ? Quelles hérésies ?


Un ouvrage de plus sur les Templiers me direz-vous ! Oui et non, car l'auteur sort des sentiers battus en répondant à certaines questions soulevées par la lectures d'ouvrages plus basiques sur le sujet. En effet, l'auteur s'attache à soulever des côtés plus obscurs sur l'Ordre du Temple, non traités dans les ouvrages de vulgarisation. L'auteur lève en partie certains des mystères entourant les chemins non balisés de l'histoire secrète de l'Ordre en amenant des hypothèses bien étayées par des écrits d'autres historiens ou des témoignages architecturaux moyenâgeux.

Avant d'entrer dans le vif du sujet l'auteur nous rappelle brièvement sur l'histoire de l'ordre et de son évolution durant ses deux siècles d’existence de la fin du Xème siècle à sa dissolution le 19 mars 1314 sur l'ordre de Philippe Le Bel qui voulait s'emparer de leur trésor.

En premier lieu l'auteur revient sur les réelles motivations qui vinrent la création de l'Ordre et de ses premières années d'existence. Créer à l'origine pour protéger les pèlerins qui se rendaient à Jérusalem, ce fait soulève une question primordiale : comment neuf chevaliers pouvaient-ils agir sur un si vaste territoire ? L’hypothèse avancée par l'auteur comme quoi le Temple travaillait pour l’Église sur des enjeux qui devaient rester secrets est fort plausible étayée par des écrits antérieurs, postérieurs d'historiens et par des témoignages architecturaux visibles sur les cathédrales notamment.

En deuxième lieu l'auteur remet en cause la rédaction de la Règle de l'Ordre qui serait rédigée à partir d'écrits Esséniens qui figureraient parmi les écrits des Manuscrits de la Mer Morte. Un deuxième point là encore plausible vu les sources avancées.

En troisième lieu l'auteur aborde les besoins immenses de l'Ordre en capitaux et le mode de fonctionnement de la trésorerie qui sont à l'origine de l'édification de Commanderies, des routes protégées, des agences bancaires, des prêts à gages ancêtres du Crédit Municipal. L'auteur à partir d'écrits revient sur le fonctionnement donc de l'Ordre et de ce fait remet en cause la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Garant du Trésor Royal, l'Ordre frappait la monnaie et pour cela avait un grand besoin d'Argent or n’existait à l'époque ni de mines en Europe , ni en Orient. Des nombreux témoignages du passé veinent renforcer de manière très claire cette possibilité : l’Amérique, selon d’autres historiens aurait vu avant Christophe Colomb bien des visites, notamment celles des Vikings, mais aussi celles des pêcheurs Basques qui pêchaient dans l'Estuaire du Saint-Laurent et au large de Terre-Neuve. Là encore l'affirmation que le Temple se procurait de l'Argent au Mexique nous éclaire sur l'immense richesse des Templiers, un fait qui sera étayé plus tard par l'accusation faite contre Jacques Cœur, argentier du Roi de France, qui avait suivi les mêmes méthodes.

Dans la quatrième partie l'auteur s'intéresse aux accusations d'hérésie. S'il n'est pas prouvé que lors des cérémonies d'intronisation des pratiques douteuses, dont le rejet du Christ, l'existence d'un organe secret interne est bien effectif et il s'avérerait qu'il existait plusieurs degrés d'intronisation. Ces accusations ont pu être fondés sur certains faits : des textes bourrés de contradictions qui suggéraient que l'intronisation maçonnique aurait certaines similitudes avec les textes templiers, que l'Ordre était proche dans sa philosophie de Saint Jean-Baptiste qui lui a fait partie de la Gnose Essénnienne, mais aussi que les moines-soldats aurait pu être proche du Culte de Mithra de par ses accents martiaux, également que les Templiers étaient proches des Cathares notamment en accueillant les chevaliers excommuniés – qui est un fait avéré- et en dernier que sur la croix du Christ il était inscrit Roi des Juifs, et qu'il serait possible que cette dénomination soit la synthèse de deux personnes. Une dualité qui expliquerait la symbolique de l'Ordre : d'un côté le saint et le guerrier de l'autre le moine et le chevalier.

Une autre accusation : celle d'adorer le diable en vénérant une tête de bois barbue. Après avoir passé en revue les nombreuses mythologies et relevé les analogies, passe en revue les différentes qui pourraient expliquer étymologies ce rapport pour finir par avoir une explication bien des années après le procès. Les Templiers furent également accusés de s'être convertis à l'Islam et d'être en relation avec la Secte Ismaélite des Assassins. Des alliances somme toutes logiques, d'une part de part les les nombreux érudits orientaux, et d'autre part du fait qu'il ait eu des points communs avec cette secte, leur analogie de création et un but commun, la destruction du pouvoir arabe. On trouve également dans cette partie plusieurs références au Cycle Arthurien, la secte aurait été le dernier détenteur connu du Graal.

Dans la même partie et toujours pour les mêmes accusation l'auteur s'intéresse à l'implantation et à l'architecture des sites templiers. Il est a noter que de nombreux lieux sont situés près de sources telluriques importantes, une situation qui a mené à l'accusation de sorcellerie. On relève également des influences astrologique, astronomiques, à la culture orientale, mais rie, ne permet d'affirmer l'hérésie car bien souvent ces symboles par extension se rattachent à des saints de l'église. Dans leurs constructions les templiers ont souvent fait appel aux Cagots que l'on considérés à l’époque comme hérétiques car on les reliaient faussement à la lèpre.

Dans la cinquième et avant-dernière partie l'auteur se penche sur le destin tragique et ses résurgences par la suite. Si certaines pistes s'avèrent exactes, la plupart des associations se réclamant du Temple sont en vérité des officines charlatanesques. Et de sur croit pour les pistes les plus vraisemblables rien n'a permit de déterminer que les archives du Temple et son éventuel trésor leur ont bien été léguées.

L'auteur, dans la dernière partie présente trois lieux emblématiques de l'Ordre : le Larzac où l'on découvre un culte curieux auxquels le Templiers s'étaient intéressés, et pour terminer Arginy et Gisors liés à l'éventuel trésor du Temple. Si le premier est plutôt inédit, les deux autres sont très régulièrement évoqués par de nombreux historiens.

Si l'auteur répond à certaines des questions que l'on se posait, il émet plus d’hypothèses et soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses vraiment fondées. Un très bon ouvrage qui permet toutefois de compléter les connaissances déjà acquises.













samedi 23 avril 2016

Le dernier Roi des Elfes, Sylvie Huguet


Lecture dans le cadre du challenge :


Lindyll, jeune humain recueilli par le souverain des elfes, Ilgaël, auquel le lie désormais une amitié étroite, semble avoir tout oublié de ses propres origines. Devenu un vaillant guerrier, il défend son peuple d'adoption contre la soif de pouvoir et de conquête des hommes. Mais d'année en année, les territoires elfiques s'amenuisent. Lindyll, méprisé par les hommes et incompris des elfes, saura-t-il convaincre ses frères de sang de conclure une paix juste avec le peuple des forêts ?


Dans le prologue, l'auteur nous introduit le récit en émettant l'hypothèse d'une découverte d'un manuscrit à Thulé (en Islande) qui concluait à l’existence réelle

Comme il est de règle en général, l'histoire débute sur la sempiternelle guerre fit rage entre ces deux et qui vit l'extinction de la race Elfique. Une guerre qui aurait débutée sur le principe que les chrétiens assimilaient alors les Elfes à des êtres démoniaques. Donc un postulat de départ somme tout ce qu'il y a de plus classique.

Le récit débute sur l'attaque d'un village fortifié par les troupes du roi elfe Ilgaël. Lors de cette attaque, la mère, d'un jeune enfant blond de deux ans, a supplié le roi de lui laisser la vie sauve. L'enfant fut ramené dans la forêt elfique et confié aux femmes. L'on suit assez brièvement la jeunesse de l'enfant, un passage relativement court du fait du nombre de pages de cette novella.

Puis l'auteur revient à plusieurs reprises sur le conflit et les méfaits qu'il occasionne à la nature. Batailles sont au départ intéressantes mais elles manquent de profondeur l'auteure n'approfondit pas au sein de celles-ci les combats individuels des protagonistes principaux, elle s'intéresse plus à la nature dont les descriptions sont plutôt longues on est plus dans un hymne à la nature que dans une fantasy elfique.


Elle nous offre une vision des humains qui ne sont pas dépeints sous leur meilleur jour. En effet, situant le récit dans un époque moyenâgeuse, où la croyance monothéiste a supplanté les croyances ancestrales , ils nous ont présentés aveuglés par le pouvoir et leurs visions , traquant et éliminant ceux qui n’adhèrent pas a leurs critères. Une vison des hommes qui n'est pas sans rappeler l’Église Catholique Romaine et ses exactions.

L'univers, comme il fallait s'y attendre au vu de l'épaisseur du volume est peu développé, on aurait aimé qu'elle s'attarde plus sur la vie quotidienne des Elfes, mais malheureusement ce qu'elle avance n'apporte rien de plus à ce que l'on connaît de leur vie. Hormis quelques références à la mythologie nordique l'auteur ne s'attarde pas sur le monde dans lequel évoluent les protagonistes.


Les deux protagonistes principaux sont bien construits psychiquement. Et collent parfaitement au cadre dans lequel ils évoluent.
L'auteure s'intéresse également plus aux messages qu'elle veut faire passer plus qu'au récit en lui-même notamment pour exemple lors de la rencontre avec d'autres tribus elfes le jeune homme est rejeté alors que dans sa tribu il est bien intégré. Elle nous démontre a quel point les jugements que l'on porte sur les autres seraient moins sévères si nous étions plus curieux d'esprit.

La plume poétique de l'auteure nous offre un récit poignant sur les origines et les derniers instants des elfes. Mais malgré

Dans un récit à l'ambiance sombre mais qui manque d'intensité, avec notamment dans la description des batailles pas assez approfondies et un synopsis quelque peu linéaire, l'auteure parvient à nous offrir un récit poignant. Il manque toutefois plusieurs centaines de pages pour que puisse adhérer pleinement à ce récit.








vendredi 22 avril 2016

Novice, Taran Matharu


Lecture dans le cadre du challenge :




Orphelin, Fletcher imagine déjà son avenir tout tracé : une vie dure mais paisible comme forgeron dans un village sans histoire… Jusqu’au jour où il se découvre un talent rare, un talent bien particulier : celui d’invoquer les démons.

Accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, Fletcher trouve refuge à l’Académie Vocans, sous l’aile du mystérieux capitaine Arcturus. Là, on lui enseigne la magie et la maîtrise d’Ignatius, ce petit démon qu’il a invoqué par erreur, et avec lequel il se lie d’une amitié sans faille.

Mais l’apprentissage est rude et la concurrence mortelle : seuls les élèves les plus talentueux deviendront mages-guerriers et dirigeront les armées d’Hominum afin de défendre les frontières sud du pays, où les Orques tentent de faire basculer l’Empire dans le chaos…


Lors de la foire annuelle d'un petit village du nord de l'Empire Hominum, Fletcher, un adolescent de quinze ans qui vend les armes fabriquées par son père adoptif, se lie d'amitié avec un vétéran des guerres orquiennes qui vend des souvenirs du front, dont le journal d'un mage-guerrier. Suite à l'altercation dans l'auberge du village avec le fils d'un notable, le vétéran passe la nuit à la forge, lorsque l’adolescent s’éveille le guerrier est parti lui laissant le grimoire. La nuit suivante le jeune homme parvient à invoquer un démon, mais traqué par le fils du notable qui veut le tuer il le blesse par l'intermédiaire du démon et doit prendre la fuite . Une fuite qui par le le hasard d'une rencontre va le conduire à l'Académie Vocans qui forme les guerriers-mages de l'Empire.

Avec pour postulat de départ un adolescent qui se découvre des pouvoirs dont il ne soupçonnait pas et qui va suivre un parcours initiatique cette fantasy jeunesse s' révèle des plus classiques. On suit dans ce premier tome la formation du jeune homme et de ses camarades de promotion. Les débuts à l’Académie des jeunes gens sera plutôt mouvementés. En effet quelques petits ennuis auxquels ils vont devoir faire face va agrémenter leurs parcours qui risquait de s'annoncer plutôt linéaire. Mais avec des intrigues de cour et des événements imprévus, le récit est très addictif.

L'univers que nous propose l'auteur à l'instar de la trame se révèle, avec des nains, des elfes, des orques... classique également, mais les descriptions de l'auteur bien dosées parviennent à immerger totalement dans son monde bien qu'il n'y ait rien de novateur. On a, pour toile de fond, la sempiternelle guerre qui oppose les orques aux humains et des relations plutôt tendues avec les elfes et les nains. Si l'idée de l'invocation des démons est très intéressante, elle non plus n'apporte rien à la fantasy puisque ce domaine à déjà été abordé par le passé notamment dans le Cycle d'Elric de Michael Moorcocq. Un univers de fin de moyen-âge puisque les soldats sont équipés de mousquets.

Autour de l'adolescent gravitent des personnages de divers horizons qui apportent un plus au récit. Le personnage de Fletcher est plutôt bien dressé mais un peu caractéristique du rôle avec un passé nébuleux puisqu'il a été abandonné bébé, plutôt solitaire et introverti. Les autres personnages sans être totalement caricaturaux ne présentent également pas de surprises, mais ils se révèlent également eux aussi attachants.

Le point fort de ce roman est sans contexte le style fluide, simple, cohérent de l'auteur qui nous entraîne dans une histoire huilée de main de maître. Le rythme de lecture est excellent et si pour un adulte aguerri au genre il peut manquer d'un peu de profondeur le récit est parfaitement adapté à un lectorat jeune, et permet à des lecteurs de passer un très bon moment.

Le dénouement, malgré un retournement de situation dans les toutes dernières lignes, est conforme à ce que l'on pouvait s'attendre dans ce type de fantasy classique.

Au final l'on évolue dans un cycle fort prometteur et on a qu'une seule envie, celle de lire la suite.





Sang de légende, Marc Henry


Lecture dans le cadre du challenge :




Avec Sang de Légende, entrez dans un monde fantastique et sauvage, où la loi brutale du plus fort règne sans pitié. Héros malgré lui, Hazgar le mercenaire n échappera pas à sa destinée. Au terme d un duel sanglant, il sera élevé au plus haut rang, celui de dieu vivant, pour que commence la légende de l âge d or. Mais l allégresse des jours meilleurs sera de courte durée, car personne ne peut contrer l inévitable. Envoûté et maître absolu, le mercenaire prendra possession de ses terres et mettra le monde à ses pieds : « Je suis Hazgar Ïkan, les dieux m ont fait don de pouvoirs surhumains, et ce qu ils refusaient de me donner, je le prendrai de force !


Dans le prologue l'auteur nous présente un monde où les Dieux vivaient en parfaite harmonie avant la venue de l'homme. Une venue qui créa des tensions et des dissensions entre les Dieux.

Une présentation des plus éculées dans le genre. En effet c'est récurrent de se servir de la venue de l'homme pour dresser un pâle constat de l'origine de la lutte du Bien contre le Mal. Avant même de commencer le récit l'auteur nous propose une toile de fond des plus classiques.

Une impression qui se confirme dès les premières lignes du premier, où le lecteur à la vision d'un champ de bataille et de toutes ses horreurs, et où les survivants vont subir la venue de Démones qui va susciter chez eux une panique qui va annihiler toute réaction. Dès la première page nous sommes plongés dans un monde sombre, violent,pour alterner ensuite dans un paysage presque idyllique où deux fillettes pêchent au bord d'une rivière,... qui se teinte de sang. Le mercenaire est alors recueilli par une sorte de chamane-guérisseur, mais sa guérison va prendre des mois et l'auteur nous décrit les affres qui l'étreignent dans cette errance à la limite des mondes de la vie et de la mort . Puis l'auteur nous présente le passé difficile de celui qui l'a recueilli. Un passé tragique, similaire pour le vieil homme, mais aussi pour le mercenaire qui tous deux ont connus l'esclavage. Cette partie est poignante, intense et on se met à s'attacher à ces deux personnages.

Puis le mercenaire reprend la route et les ennuis se succèdent aux péripéties, qui elles même se succèdent aux retournements de situation. Une fois encore Hazgar, qui guidait un groupe de voyageurs, va perdre ses compagnons de route ! Les mêmes scènes se répètent, on est au quart du roman est aucune intrigue ne se dégage, tout est centré sur les aventures du personnage principal ou son quotidien. Il ne se passe pratiquement rien, avec un tel titre on s'attendait à une fantasy plus épique mais on a presque l'impression de lire une biographie. L'univers n'est que peu développé, les régions traversées sont souvent désertiques ne donnant lieu qu'a des descriptions sommaires. Et lorsque l'on rencontre enfin une créature, l'auteur nous qualifie d'une in vraisemblance, et le mercenaire devient une sorte de demi-dieu. On note alors en ce moment du récit un manque de crédibilité de la part de l'auteur.

Magie est évoquée mais réduite à sa plus simple expression, ceci malgré la présence d'un mage depuis le début du récit et la rencontre avec une sorcière naine. Au fil des chapitres les combats sont mieux maîtrisés notamment dans la deuxième partie où le héros, sous l'influence de l’Innommable, ravage toutes les terres au nom de l'être maléfique qu'il prend pour son père. Par contre dans la deuxième partie le récit d'Héroïc-Fantasy bascule dans une Dark-Fantasy fortement teintée de Sword and Sorcery. En effet même si les combats ne sont pas omniprésents, la violence et la cruauté, elles elles le sont : ce n'est que tortures, viols et scènes qui pourraient gêner les âmes sensibles.

Malgré un long périples du héros dans la première partie et l'avancée de son armée dans la seconde partie, l'univers est peu développé agissant dans la majorité des cas de terres inhospitalières. Les villes attaquées sont peu décrites, l'action se passant trop rapidement.

Le personnage principal est certes développé puisqu'il occupe une très large partie du récit mais il s'avère par trop caricatural. Les personnages secondaires, dans leur majorité, sont intéressants mais juste survolés et ne servent que de faire valoir au héros.

Malgré des phrases courtes on a en permanence des longueurs dont les moments d'actions ne parviennent pas à nous sortir d'une certaine torpeur dans le premier quart du récit. Le personnage principal s'interroge sur lui même ce qui n'est pas sans créer certaines longueurs. Longueurs que l'on retrouve dans la deuxième partie, sans vivre vraiment le bivouac des troupes, les préparations au combat sont plus longues que les batailles en elles-mêmes. On relève également un nombre assez important de coquilles qui a force finissent par agacer le lecteur.

Au final, si l'on ne retrouve pas la qualité des écrits d'Howard, l'on sent qu'avec ce barbare, l'auteur s'est ait largement inspiré. Mais le récit uniquement focalisé sur la vie du protagoniste principal manque d’intérêt car malgré le nombre important de pages rien n'est vraiment développé. Un diptyque avec un univers prenant plus d'ampleur et des personnages travaillés aurait été beaucoup plus intéressant que ce pavé qui ne fait que l'apologie de la violence.





jeudi 21 avril 2016

Challenge Dungeon Book Monster Session 5 Épreuve 3


Épreuve 3 : Bonus à 50

du 06 au 17 avril 2016



Mes livres lus durant la période :

Balafrée – Michel Robert (488 pages)
Revanche de sang – Michel Robert (366 pages) (Cumulées 854 pages)
Le chevalier rouge – Miles Cameron (840 pages) (Cumulées 1694 pages)
Le faux prince – Jennifer A. Nielsen (373 pages) (Cumulées 2067 pages)
La vengeance de Roden – Jennifer A. Nielsen (357 pages) (Cumulées 2424 pages)
La forge des ténèbres tome 1 – Oliver Johnson (324 pages) (Cumulées 2748 pages)
Le neuvième royaume - David Zindell (800 pages) (Cumulées 3548 pages)

La Stratégie des As - Damien Snyers (328 pages) (Cumulées 3876 pages)

Total Général des pages lues depuis le début de la session : 9067

mercredi 13 avril 2016

La stratégie des As, Damien Snyers





 



Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Humains, elfes, demis... Tous les mêmes. Mais très peu pour moi. Alors quand on m'a proposé ce contrat juteux, je n'avais aucune raison de refuser. Même si je me doutais que ce n'était pas qu'une simple pierre précieuse à dérober. Même si le montant de la récompense était plus que louche. Même si le bracelet qu'on m'a gentiment offert de force risque bien de m'éparpiller dans toute la ville. Comme un bleu, j'ai sauté à pieds joints dans le piège. L'amour du risque, je vous dis. Enfin... c'est pas tout ça, mais j'ai une vie à sauver. La mienne.


Tout d'abord je tiens à remercier Louve du forum Mort Sûre et les éditions ActuSF qui m'ont permis de découvrir le premier roman d'un jeune auteur Belge !

Le début du roman s'ouvre sur une escroquerie où trois comparses, délestent les clients d'un bar par l'intermédiaire d'un pari illogique que l'elfe sera à même, dans un temps imparti, de boire plus de bières que le troll. Contre toute attente, un bourgeois binoclard parie sur l'elfe. Un humain qui ne tarde pas a proposer à James l'elfe, de taire l'escroquerie s'il accepte de lui rendre un service grassement rémunéré. L' homme un intermédiaire, leur fait rencontrer le réel commanditaire qui leur demande de voler un artefact pouvant le soigner, le Rein d'Isis un rubis. Commence alors pour les trois compères une course poursuite contre la montre et le début de leurs ennuis.

Juste après avoir poser le contexte de l'histoire, l'auteur effectue un flash-back qui fait se rencontrer les trois quidams, un an plus tôt dans une prison où l'on fait plus ample connaissance avec ces trois personnages. Puis l'on revient dans le présent où l'on suit les trois comparses dans la préparation de leur mission.

Avec pour postulat de départ, le vol d'un bijou, l'auteur l'auteur a fait le choix d'une intrigue tout ce qu'il y a de plus simple. Si l'histoire est très rythmée avec de nombreux rebondissements, le point fort du récit en l’occurrence, l'auteur va à l'essentiel et ne nous présente pas d'intrigues subsidiaires ce qui aurait évité la linéarité du récit. Le fait que l'histoire soit narrée à la première personne par le protagoniste principal, cette narration renforce encore la sensation évoquée ci-avant. Avec le rythme le deuxième point fort c'est l'humour percutant, cynique omniprésent distillé par James. Avec comme personnages une bande de voleurs issus de quartiers disons modestes l'on aurait pu craindre de tomber dans la vulgarité, mais l'auteur évite de tomber dans cette ornière. On notera également un clin d’œil intéressant fait à Poe, avec le titre d'un chapitre Double assassinat dans la rue Morne. Le côté light-fantasy est très bien dosé, juste ce qu'il faut pour nous faire rire sans tomber dans l’excès. L'auteur a savamment placé dans on récit des thématiques, des pensées intéressantes qui nous font réfléchir sur des sujets de la vie quotidienne. Ces thèmes sont très légèrement distillés afin de ne pas prendre le dessus sur l'intrigue elle-même.

L'auteur situe son histoire, dans une ville imaginaire, Nowy-Krakow, en Nouvelle- Pologne. Chronologiquement parlant le récit se situe dans un XIXéme siècle plutôt évolué où la magie prend une place importante de par l'emploi qui en est fait, à savoir une utilisation dans les domaines techniques. Une technique qui fait référence à des utilisations effectuées plus tardives  : l'évocation des calèches à vapeur et le chauffage collectif d'habitations. Certes si la touche Steampunk est bien présente comme annoncé, elle est plus évoquée que réellement présente dans le récit . Il en va de même pour la magie dont on ne peut constater réellement de leur impact sur le monde présenté par l'auteur. L'univers présenté par l'auteur nous laissait à même d'envisager un monde plus travaillé où certains éléments annoncés ne répondent pas pleinement à nos attentes. Ces éléments, tout comme les races protagonistes principaux ne servent, en fait que de décor et n'apportent pas un plus à l'histoire qui aurait pu ses situer dans un univers plus classique généralement utilisé pour les thrillers. Ce qui s'avère dommage pour le lecteur car l'auteur avait maintes idées intéressantes qu'il n'a pas suffisamment développées. On aurait aimé voir par exemple les mages dans l’exercice dans l’exercice de leur fonction...

Le personnage de James est intéressant à suivre avec sa verve particulière, son passé trouble, un chrisme assez marqué, les autres personnages manquent de profondeur. La demi-elfe présente un côté quelque peu caricatural, le personnage ambivalent du troll, entre puissance et finesse, n'est pas assez mis en valeur. En effet, on a la nette impression que le personnage prend trop la scène par rapport à ses complices, c'est là un problème assez récurrent lors d'un récit à la première personne. Le personnage de la jeune humaine qui rejoint le trio en cours de récit s’avère très intéressant mais on en apprend peu sur elle-même. A l'instar de l'univers, dans ce domaine là on peut noter un manque de travail. Les idées sont bonnes mais l'auteur ne les développent pas assez.

Le style direct et l'écriture simple de l'auteur permet une certes une excellente dynamique de lecture. Mais dans sa manière de rédiger l'auteur s'adresse plus à un lectorat Young-adult voire même pré-adolescent. On ressent la encore un manque de travail.

Le dénouement, a l'instar du récit n'apporte aucune surprise. En effet depuis la découverte du sarcophage, on s'attendait à ce final.

En fin de livre, une courte nouvelle s'attarde sur l'un des personnages.

Au final, on se retrouve avec une histoire de voleurs, certes divertissante et au scénario solide qui aurait gagné à posséder une centaine de pages supplémentaires. Il est dommage que l'auteur n'a pas fait l'étalage du potentiel dont il dispose. Une bonne lecture distrayante qui fait passer un moment sans prise de tête, qui ne restera pas ancré dans nos mémoires, mais qui permet tout de même de revoir l'auteur dans un récit plus conséquent.






lundi 11 avril 2016

Le neuvième royaume; David Zindell



Sur l’île-continent d’Ea, l’âge du Dragon touche à sa fin. Morjin, l’ange déchu, est à la recherche de la Pierre de Lumière qui pourrait l’aider à libérer le Seigneur des Mensonges, emprisonné depuis un million d’années. Mais un personnage singulier s’élève : Valashu Elahad, septième fils du Roi de Mesh. Celui-ci peut ressentir les émotions de tous ceux qui l’approchent. Il conduira son peuple sur les terres de Morjin, au cœur des ténèbres, portant l’épée magique Alkaladur. Mais le parcours est long et dangereux : Val est victime d’un empoisonnement au kirax, un poison utilisé par un Ordre de prêtres à la solde de Morjin contre lequel il n’y a pas d’antidote…


Alors qu'il était parti chasser le cerf avec son frère aîné et l'un de ses amis, le prince Valashu est victime d'une tentative d'assassinat, très certainement orchestré par par Morjin le Seigneur des Mensonges. Lors du dîner, organisé au château royal, le soir de l'incident, un Alonien, le Comte Dario, demande aux membres de la famille royale et à ses chevaliers proches de participer à la recherche de la Pierre de Lumière, une coupe en or, qui pourrait mettre fin aux agissements du Seigneur des Mensonges comme le veut une certaine prophétie. Seul de la famille et de l'entourage royal, le prince Valashu, septime fils dur roi de Mesh, un royaume Valari répond favorablement à cette demande. C'est accompagné de son meilleur ami Maram, prince de Délu et coureur de jupons, et de Maître Juwain, un érudit qu'il prend la route de Tria.

Avec pour postulat de départ la quête de la Pierre de Lumière, ainsi que d'autres objets magiques, cette fantasy s'annonce somme toute classique. La quête de la Pierre de Lumière censée sauvée le monde et les nombreux chevaliers qu y participent n'est pas sans rappeler la Légende du Roi Arthur et la Quête du Graal

Dans le début de son récit, en plus de nous présenter le protagoniste principal, l'auteur met en place le contexte de son récit, entre rivalités de royaume et une guerre lointaine orchestré par le Seigneur des mensonges qui veut s'emparer de tous les royaumes. L'auteur prend son temps pour nous décrire une partie du monde géographique, mais aussi quelques enjeux géopolitiques. Il nous gratifie également d'une partie de l'histoire passée des royaumes et de la venue sur cette terre de ce peuple venue des étoiles pour la coloniser. Une mise en place très intéressante, mais l'intrigue est lente à démarrer vu le nombre important d'informations que nous fournit l’auteur.

L'univers, avec cette petite touche SF, se complexifie au fil des chapitres, géographiquement parlant l'auteur a concocté une monde très vaste, et une géopolitique classique mais qui occupe une place prépondérante dans l'histoire. A l'occasion de chaque déplacement des protagonistes principaux cet univers se complexifie et le lecteur a parfois du mal à ingérer toutes ces informations.

Avec une telle densité d'informations, l'intrigue met un peu de temps à prendre un rythme de croisière, mais dès que tour est bien lancé, le côté épique est bien présent.

Malgré un côté quelque peu stéréotypés, les personnages se révèlent intéressants à suivre, chacun d'eux ayant ses propres qualités, ses propres défauts. Au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire il se complexifient, et si parfois certains très de leurs caractères peuvent prêter à sourire avec certains penchants de leur personnalité, l'auteur arrivent aux travers de leurs mésaventures à les rendre sympathiques. Un groupe aussi divers que varié qui n'est toutefois pas sans faire penser à la Communauté de l'Anneau non pas avec la diversité des races, mais bien plus par les pouvoirs que chacun d'eux se découvrent au fil de l'aventure.

Une aventure au synopsis très calqué JDR, le groupe se déplace d'un endroit a un autre, réunissant indices après indices, découvrant une nouvelle Pierre qui leur fournit des pouvoirs assimilables à de la magie, mais pour ce faire ils doivent à chaque fois subir des épreuves et surmonter les pièges tendus par le grand méchant. Un récit certes intéressant, mouvementé, il se passe toujours quelque chose mais le canevas proposé par l’auteur rend la lecture quelque peu linéaire malgré les périodes d'actions.
Chacun des personnages se voit, à son tour gratifié d'une « gelstei » ; une pierre qui permet de développer certains pouvoirs identiques à la magie et qui varient en fonction de sa couleur. L'idée est est certes très intéressante mais pas vraiment novatrice dans ce domaine. Les combats sont très bien maîtrisés, et le lecteur n'a aucun mal à faire partie prenante dans ces moments d'actions.

Le style de l'auteur est vif, entraînant, malgré certes des longueurs, qu'on ne ressent pas vraiment à la lecture tant on est absorbé par l'histoire.

Certes, au final l'on se retrouve avec une fantasy classique, mais à l'univers est pensé dans ses moindres détails, pas que médiévistes puisque l'auteur y intègre des notions se référant à l'Antiquité qui apporte une saveur exotique et une bouffée de fraîcheur. Sans être une révolution dans le genre, le roman est très agréable à lire et propose des perspectives fortes intéressantes pour la suite du cycle.






samedi 9 avril 2016

La forges des ténèbres 1, Oliver Johnson



Thrull, la cité jadis flamboyante, n'est plus qu'une prison pour ceux qui ont survécu aux vampires de l'armée de Faran Nekron, seigneur des ténèbres. Alors que le soleil perd chaque jour de son éclat, Jayal, héritier de la cité exilé depuis la mort de son père, revient pour régner et retrouver sa promise, esclave de l'odieux Faran. Avec Urthred, le prêtre du feu au masque inquiétant, ils entament une lutte désespérée, sous la protection d'une ancienne sorcellerie. Leur quête les mènera des ruelles obscures de Thrull jusqu'aux champs de bataille. Car la légende affirme qu'un seul artefact est capable de bannir les Ténèbres ; le sceptre des Ombres. Depuis que le soleil avait commencé à mourir, tout avait changé. Les frères s'étaient retournés l'un contre l'autre ; persécutions, guerres et massacres s'en étaient en-suivis à travers tout l'Empire. Mais il n'y avait nul endroit pire que celui-ci : Thrull.


Alors qu'il est attaqué dans la montagne par deux bandits un vieil homme ne doit son salut qu'à un prêtre qui se dirige dans la cité maudite de Thrull. Une cité qui a vu il y a sept ans la morts de cinquante milles hommes. Appelé dans la cité pour une raison qu'il ignore encore le prêtre est informé par un mourant que son frère, trahis par des propres membres du temple de Reh, va être sacrifié. Blessé par la garde du temple, il ne peut empêcher le sacrifice de son frère, et enchaîné il est conduit devant le Grand Prêtre du Temple où il va découvrir que celui-ci est vivant dans la mort : un vampire.

Au début du roman il ne se dégage pas vraiment d'intrigue, le récit se développe sur fonds de sur des conflits larvés entre seigneurs locaux... une fantasy somme toute assez classique. Ce n'est que plus tard dans le roman que va se dégager, un peu tardivement l'intrigue sous forme d'une prophétie où le prêtre de Reh, surnommé le Héraut , pourra aider le Porteur de Lumière, un autre personnage central à bannir les Ombres du monde et sauver celui-ci de l'agonie. L'auteur reprend les ingrédients classiques du genre et n'apporte pas vraiment quelque chose de novateur.

Le monde créé par l'auteur est plutôt restreint car la grande partie du récit se déroule intra-muros dans la cité de Thrull, ce n'est que vers la moitié du roman que l'auteur daigne pour faire un peu sortir de ces murs. C'est par un flash-back sur le passé du prêtre de la femme que va s'élargir quel que peu notre horizon, avec la présentation du monastère de Forgeplaine ou le jeune homme a suivi sa formation et s'est découvert ses pouvoirs.

Si au début du roman en nous présentant une Cité sinistre, à l'agonie, livrée dés la tombée du jour aux vampires – les Morts en Vie – qui de nuit en nuit étendent leur emprise sur le monde pour qu'il devienne une nuit sans fin, malheureusement l'auteur ne confirme pas par la suite cette ambiance glauque, angoissante, faite de terreur. L'on aurait aimé que l'auteur poursuive dans cette voie et fasse monter crescendo cette ambiance sombre, mais il recentre le récit uniquement sur les personnages centraux et ne développe pas ce qui les entoure.

Si au départ le récit s'annonçait sombre à souhait, à la fois mâtine de Dark-Fantasy et même d'une légère pointe de Sword and Sorcery, l'histoire tourne rapidement à la High-Fantasy classique, la noirceur promise n'y est plus. L'auteur nous gratifie même d'un cliché du genre, érodé de puis des siècles : l'ail repousserait les vampires, on aurait aimé plus d'imagination.

Les descriptions, restreintes toutefois avec un récit en vase clos, sont assez visuelles pour que l'on puisse se projeter dans le récit. Et l'auteur nous offre un panthéon plutôt original avec un Seigneur des Vers et des morts, une déesse de la Chair... un des points positifs de ce roman. Si la partie descriptive de l'histoire ne généreusement pas vraiment de longueurs, l'auteur en génère quelques unes avec les introspections du personnage principal. L'action est peu présente, pas de combats, pas de retournements de situation, le récit se révèle linéaire, l'on est clairement dans une longue introduction puisqu’il faudra attendre les tomes suivants pour que l'intrigue puisse amorcer un développement.

Si le personnage du prêtre de la Flamme avec un passé difficile, avec une formation faite de brimades et coups se révèle très intéressant avec ce côté déchiré, introverti, il n'est est pas de même pour les autres protagoniste peu développés. Là une fois de plus il faudra attendra la suite pour enfin voir de l'interaction entre eux et les découvrir pleinement, jusqu'alors ils n'ont été qu'esquissé. Le leader des Morts en Vie, maître de la cité , n'est que fort peu présent dans le récit, alors qu'il représente les forces du mal. La lutte entre le Bien et le Mal, facteur moteur du récit s'avère pour le moment tout ce qu'il y a de plus manichéen.

Le point fort du roman, bien qu'un peu hésitant parfois, est le style de l'auteur, les chapitres malgré le maque d'action s'enchaînent rapidement, l'écriture de l'auteur est fluide.

Un premier tome, au début pourtant prometteur, qui ne parvient pas à convaincre entièrement le lecteur. Seul le personnage principal arrive à sauver l'histoire qui manque cruellement d'action, on espère que dans les opus suivants on pourra le découvrir dans exercice de ses pouvoirs. Une intrigue, certes classiques, mais qui ne démarre que vers la fin du tome.