mardi 16 mai 2017

Le pont du diable de Yves Desmazes


Lecture dans le cadre des challenges :



Que se passe-t-il donc à Saint-Guilhem-le-Désert, village classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ? La mort violente d’un évêque coadjuteur au cœur même de l’abbaye, suivie du meurtre de plusieurs élus, va conduire le lieutenant Kevin Normand du SRPJ de Montpellier à mener une enquête sous haute tension.
Pour le policier, diacre de son état, l’assassinat d’un dignitaire de l’Église revêt une importance toute particulière. L’aide de Charlotte, jeune journaliste du Midi Libre, et le recours aux techniques les plus modernes de la police scientifique, permettront-ils à l’officier de dénouer l’écheveau d’une intrigue machiavélique instillée par une organisation criminelle plus que centenaire ?


Lorsque le crime de l’évêque coadjuteur est commis dans l'Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert, le Lieutenant Kevin Normand est dépêché sur place par son directeur. Bientôt rejoint par les personnalités. Tout sur place laisse croire à un vol qui aurait mal tourné : troncs fracturés, ciboire et chandeliers volés. Mais le Lieutenant n'est pas convaincu par ce mobile, car l’évêque a été assassiné avec le Reliquaire que contenait l'Abbaye. Reliquaire qui lui n'a pas été volé alors qu'il était le bien le plus précieux.

En parallèle du meurtre nous fait assister en aparté aux lecteurs à une scène ou une main inscrit à la plume le nom de l'évêque sur un parchemin auquel il ajoute en lettres de sang une croix et les mots repose en paix.

Une enquête de routine plutôt classique commence, mais la police n'a que peu d'indices hormis que l'on ne retrouve pas le portable du prélat et que l'on constate un peu plus tard que le disque dur de son ordinateur a été volé dans son bureau. Ce qui dément le mobile du vol.

Le Lieutenant est renvoyé sur un accident de chasse apparemment banal dans les même lieux. Accident qui du fait de la personnalité de la victime met le doute dans l'esprit de l'enquêteur, ce qui se confirme lors d'une perquisition, après une autre piste qui n'amène rien.

Le lecteur en aparté assiste à la même scène que précédemment.

Charlotte une jeune journaliste d'investigation, sœur d'un camarade de promotion du Lieutenant Normand, entre en scène et essaye de aiguiller sur une autre piste que ne peut peut envisager l’enquêteur du fait de son appartenance au milieu ecclésiastique du fait de son état de Diacre en dehors de ses heures de services.

Le premier suspect arrêté est mis hors de cause, bientôt une nouvelle piste permettra d'arrêter un SDF détenteur de la carte bancaire de l’évêque. Ce qui fait fulminer la journaliste qui n'en a pas été informée alors qu'un début de relation s'instaurait entre elle et le Lieutenant. Mais elle sera tout de même prévenue en premier que ce deuxième suspect sera relâché, une deuxième piste avortée.

Un troisième meurtre est commis à Saint-Guilhem. La perquisition qu'y s'en suit à la Mairie va révéler que les trois hommes étaient en relations pour un programme de revalorisation de la région. Les précédentes pistes suivies sont alors abandonnées et le Lieutenant va abonder dans le sens de la journaliste et envisager un tout autre mobile. L'enquête prend l'ampleur après un début assez classique, presque scolaire et devient au fil des pages des plus intéressante.

Les personnages qui évoluent dans l'enquête sont intéressants à suivre, surtout dans leurs relations. Le lieutenant Normand à la fois policier et diacre nous change agréablement des flics torturés habituels par son comportement et ses vues. Son obligation de célibat pendant une durée déterminée rend sa relation avec la jeune journaliste quelque peu ambiguë et l'on ne sombre pas dans le roman d'amour. L'enquêtrice adjointe soupçonneuse ne comprend pas ses fréquents déplacements à l'évêché et jalouse de sa relation avec la journaliste le soupçonne de diffuser des informations de l'enquête, elle va en parler au Directeur, ce qui ajoute une peu de piment.

Le synopsis de l'enquête est ma^trié de fort belle manière offrant de nombreuses pistes qui maintiennent l’intérêt du lecteur malgré des chapitres longs et peu nombreux qui ont l'effet de ralentir la dynamique de lecture. Dans les inter-actions orales entre les trois enquêteurs l'humour est présent, certes quelque peu caustique, mais qui rajoute un plus au récit et offre une petite note de fraîcheur à l’ambiance plutôt tendue. La description des différents lieux est très bien dosée, sans être trop longues elles permettent au lecteur à s'immiscer dans les décors.

Quand au dénouement, a l'instar de la majorité de l'histoire est très réussi.

Un très bon premier roman malgré quelques petites imperfections qui donnent envie de suivre d'autres enquêtes du policier-diacre. Même si le début s'est révélé léger au fil des pages le récit prend de la profondeur, et les enquêtes suivantes devraient se révéler encore plus prenantes.







L'espionne impériale de Mark Robson


Lecture dans le cadre du challenge :




Femke est une belle et jeune espionne au service de l'empereur. Mais très vite elle est repérée par Shalidar, un tueur à gages machiavélique. Pour la protéger, l'empereur décide sur-le-champ d'envoyer la jeune fille à la cour du royaume voisin... Hélas ? Shalidar parvient à retrouver sa trace et la fait accuser de meurtre. Une traque infernale commence alors. Femke réussira-t-elle à mener à bien sa mission impériale ?


L'action de ce roman débute dès le prologue où l'on assiste à une tentative d'assassinat de l'Empereur, déjà occis par Femke l'espionne impériale car sous les traits de l’empereur se cachait un vil sorcier usurpateur. Surpris l'assassin tente alors de tuer le général des armées assis sur le trône, mais la jeune femme l'en empêche. Démasqué car ayant agit à visage découvert Shalidar, l'assassin, doit quitter l'empire mais désireux de se venger de Femke il mûrit en coulisses un plan machiavélique. La jeune femme va se voir confronter à de nombreux ennuis.

Le postulat de départ est des plus classiques du genre, mais une vengeance qui revêt à un caractère double.

En toile de fond on se trouve dans une situation géopolitique instable, car l'usurpateur avait tenté d'envahir le royaume voisin du Thranthor l'année précédente, et les relations diplomatiques sont au plus mauvais et l’héroïne est envoyée comme ambassadrice. Malheureusement ce voyage qui aurait permis de découvrit géographiquement les deux pays est expédié, et l'univers décrit se résume aux deux capitales et aux deux palais. L'histoire étant principalement centrée sur l'héroïne comme c'est souvent le cas dans ce type de fantasy.

Une fantasy jeunesse donc le synopsis est lui aussi très basique, certes les ennuis ne font que se succéder pour la jeune femme et la dynamique de lecture est excellente, mais le récit manque de profondeur. Les personnages sont assez bien élaborés avec chacun ses faiblesses mais on peut relever chez eux un petit côté manichéen. A son arrivée dans le royaume, la jeune femme découvre aux côtés du roi, une jeune sorcier mais ce personnage secondaire n'est pas exploité ce qui aurait pu apporter un petit plus au récit. On a bien sur une romance qui s'installe mais elle n'occupe pas trop de place dans le récit, ce qui est une bonne chose et comme elle apporte une bonne dose d'humour à l'histoire ce n'est pas du tout dérangeant.

Le style de l'auteur est simple, direct, sans fioritures : donc parfaitement adapté à un lectorat pré-adolescent qui sont désireux de découvrir la fantasy.

Le dénouement est intéressant, car il reste ouvert et l'on ne peut que regretter que les autres aventures de la belle espionne n'ait pas été traduites en français. A défaut de profondeur l'on passe un agréable moment de détente.





vendredi 12 mai 2017

Les tables du prophète de James Becker


Lecture dans le cadre du challenge :



Une tablette d'argile recouverte de hiéroglyphes anciens resurgit dans un souk marocain : l'objet est suffisamment inhabituel pour attirer l'attention de Ralph et Margaret, un couple d'Anglais fans d'antiquités. De toute évidence, il ne s'agissait pas d'une banale copie puisque le lendemain, tous deux périssent dans un étrange accident de voiture... et que leur nouvelle acquisition disparaît ! Chris Bronson est alors mandaté pour enquêter sur l'affaire, qui va le mener sur les traces de l'un des plus grands prophètes, celui qui aurait reçu des mains mêmes de Dieu les très convoitées tables de la Loi. Moïse...


Alors qu'elle se promène avec son mari dans le souk de Rabat, Margaret O' Connor assiste à une vive altercation entre une demi-douzaine d'individus et un petit homme en haillons qui vend des éclats de poteries anciennes et des tablettes d'argile, discrètement en prend quelques clichés de la scène. Très rapidement un bruit de course retentit et le petit homme poursuivi laisse tomber une tablette d'argile dans un sac de safran, Margaret s'en saisit.

Le lendemain Margaret se rend seule au souk pour rendre la tablette au petit homme. Son étal n'y est plus. Alors elle décide d'effectuer une dernière promenade avant leur départ pour l'Angleterre, et se dirige vers les antiques murailles de la nécropole de Chella. Elle aperçoit en y arrivant des policiers, ceux-ci s'écartant elle découvre le cadavre du petit homme.

Alors qu'ils se rendaient à Casablanca pour y prendre l'avion, leur véhicule est poussé dans un ravin, leurs assaillants maquillant leurs assassinats en accident routier.

Dépêché sur place pour y prendre confirmer la thèse de l'accident, le Sergent Bronson de la police du Kent, malgré un témoin de l'accident qui lui est présenté, trouve suspect que dans les possessions du couple il n'y ait pas d'appareil photo. Il relève même sur les lieux de l'accident des fragments de peinture d'un autre véhicule. Mais malgré ses doutes, il ne peut que conclure à l’accident.

Mais sa rencontre avec la fille du couple, va conforter son opinion car celle-ci a reçu par mail des photos de la tablette d'argile. Il va en faire une copie sur CD juste avant que le mari de la fille soit agressé et leur portable volé.

Déduisant que la clé de toute l'affaire est la tablette d'argile, de retour en Angleterre, il va demander l'aide de son ex-épouse travaillant au British Muséum pour déchiffrer les inscriptions de la tablette et comprendre le pourquoi des meurtres.

C'est alors dans une poursuite permanente entre des gangsters marocains, un trio composé d'un gangster londonien, d'un antiquaire véreux, et l'un des collègues du British Muséum que se lancent les deux enquêteurs.

Au fur et à mesure que le couple avance dans le décryptage de la tablette écrite en Araméen, et d'une autre tablette similaire conservée dans un musée, l'auteur nous distille de manière intéressante des faits historiques en parallèle des déductions du couple.

L'on a droit à une historique sur la découverte des Manuscrits de la Mer Morte, des faits connus sur la cité antique de Masara qui faisait l'objet du prologue, et de l'histoire du Temple de Jérusalem et de son trésor supposé, et notamment comme l'indique le titre des Tables des Dix Commandements.

Pour les deux enquêteurs, les renversements de situations vont s'avérer fort nombreux, le danger est permanent... leurs poursuivants bien renseignés sur leurs multiples déplacements et changements d’hôtels, peut-être un peu trop...

Le côté policier du roman, et notamment les meurtres sont totalement délaissés pour le côté historique qui parfois n'est pas sans créer certaines longueurs sur des points de détails. Des longueurs pas toujours justifiés et la dynamique de lecture s'en resserre parfois jusqu’au dernier quart du livre où tout s'accélère jusqu'à un dénouement peut être un peu trop téléphoné avec l'entré en jeu d'une organisation qui œuvrait jusqu'alors dans l'ombre ne faisant que suivre très discrètement les uns et les autres.

Au final, une histoire intéressante avec des points historiques dans l'ensemble assez bien maîtrisés, un côté thriller haletant à défaut d'enquête policière. Un petit reproche tout de même la mise en contexte est peut être un peu longue. Un auteur à suivre pour ceux qui aiment ce genre de roman, il nous a manqué tout de même une pointe d'ésotérisme.





mardi 2 mai 2017

L'échiquier d'Adonar de Quentin Clément


Lecture dans le cadre des challenges :



A présent les masques sont tombés, le jeu est dévoilé et les enjeux connus de tous. Mais malgré cela, l’hiver et le froid mordent toujours les hommes qui pour survivre continuent de se battre entre eux.
Les clans ne s’unissent pas dans l’adversité, même face à l’épreuve qu’ils doivent surmonter. Rares sont ceux qui ont compris qu’une alliance est nécessaire aux Terres de l’Arc pour ne pas sombrer dans la servitude.
Ils seront peu à combattre le réel ennemi des Hommes. Mais même en sous-nombre, même s’ils doivent trahir leurs serments et perdre leur honneur pour sauver leurs semblables, les héros s’éveilleront…


Le récit reprend dans la continuité du premier tome et n'est apparemment pas la suite du tome 2. Mais a la lecture on a l'impression que l'auteur a inclus des bribes de l'histoire de la puissance de l'ours, c'est très brouillon au départ. On a beaucoup de mal à se recentrer sur l'histoire ce qui n'est au départ pas encourageant pour la suite.

Avec dans l'ombre un sorcier qui vient attiser les haines ancestrales pour s'approprier l'ensemble des Terres de l'Arc, l'intrigue se révèle tout ce qu'il y a de plus basique. Surtout que ce dit sorcier est l'ombre qui hantait Ogdur et qu'il revient d'entre les morts après qu'Argor ait tué Ogdur. Avec un tel postulat on se doute que les combats vont être nombreux notamment avec les dissensions internes à certains clans ou villages qui doivent remplacer leurs chefs défunts.

On commençait à se familiariser avec le grand nombre de personnages mais comme certains ont disparus dans les combats il faut en intégrer de nouveaux et notamment Adonar et ses disciples. Il faut reconnaître qu'au début on a un peu de mal à différencier une championne d'une druidesse, les noms étant fort proches, l'on doit une fois de plus consulter la liste se trouvant en début de roman. L'on se retrouve donc avec le même problème relevé lors de la lecture du premier opus, à savoir que cela casse quelque peu la dynamique de lecture. Heureusement que l'auteur met en avant certains personnages et donc on y a un peu moins recours.

Le récit en soit même n'est pas inintéressant et possède un peu plus de profondeur mais malheureusement les points négatifs de début de l'histoire ne sont malheureusement pas gommés.

L'univers ne se développe que très peu, pour ne pas dire point du tout. La base celtique qui avait fait l’intérêt du lecteur à la lecture des quatrièmes de couverture est totalement délaissée. Et si la magie évoquée au premier tome se fait ici présente c'est par l'intermédiaire du sorcier et se révèle tout ce qui a de plus banale.

Le point fort du roman réside dans les nombreux combats qui émaillent le récit, et surtout la bataille finale très bien dépeinte. En effet on aurait presque l’impression qu'elle se déroule sous nos yeux. C'est le seul point qui a était amélioré par rapport au premier tome.

Le dénouement est intéressant du fait qu'il reste ouvert et laisse une possibilité de suite avec deux des personnages les plus en vue dans cette histoire.


Il est à préciser qu'une mention à la Guerrière Ours est faite au fil du récit permettant de situer l'action du tome deux antérieurement au tome premier.

Du côté de l'écriture, pas de changement l'on retrouve les mêmes fautes d’orthographe. Et viennent s'y ajouter quelques fautes de français, et notamment une énorme faute inadmissible de la part d'un écrivain : les plus mieux !!! Ce qui ne peut que faire bondir de son siège le lecteur. Une relecture et une correction sérieuse aurait été nécessaire avant de la mise en vente de cet ouvrage. Malheureusement avec les nouvelles possibilités d'édition des ouvrages ce fait devient de plus en plus récurrent.

Au final une trilogie qui manque de profondeur et qui se révèle décevante sur plusieurs points et que l'on est obligé de sanctionner même si certains points étaient positifs.



mardi 25 avril 2017

La puissance de l'ours de Quentin Clément


Lecture dans le cadre des challenges : 




Lorsque le devoir appelle, un homme se doit de laisser de côté sa femme et ses enfants pour faire ce qu'il doit. Algar du clan Lagos l'aurait fait s'il ne s'était pas retrouvé enfermé et accusé de haute trahison.
Une seule personne possède la force et le courage nécessaire pour prouver son innocence : Damera, son épouse, une guerrière impitoyable qui devra laisser derrière elle sa vie de famille pour à nouveau tenir une épée en main et partir sur les routes.
Mais le Mal avance vite, et chaque seconde perdue est une chance de moins de sauver Algar de l'exécution. Poursuivie par des mercenaires, Damera n'aura aucun repos et comprendra vite que sa quête ne concerne pas uniquement la survie de celui qu'elle aime, mais de l'humanité entière.
Quel est le plan de Séraphel le Destructeur ?
Qui a engagé les mercenaires à sa poursuite ?
Quel est le secret que Damera à tant de mal à supporter ?


Si ce deuxième volume de la série Aussi rudes que l'hiver s'inscrit dans le même univers que le tome précédent il n'en est pas dans la continuité.

En effet nous trouvons de nouveaux personnages qui ont leur propre histoire, de nouveaux clans et comme les chapitres ne sont pas datés comme précédemment il est impossible de situer le récit par rapport à l'histoire précédente.

Le postulat de départ s’avère tout ce qu'il y a de plus basique, à savoir retrouver un vieil homme échappé de cellule qui est en fait un nécromant qui veut éradiquer les Terres de l'Arc. Une intrigue mainte et mainte fois usitée dans le genre. L'histoire se déroule un peu à la manière d'un jeu de piste assez classique.

Le personnage central est une ex-guerrière qui n'a plus le droit de porter l'épée et qui se lance aux trousses du grand méchant accompagné d'un chasseur ami du mari accusé de complicité. Dans cette courte histoire il est facile de s'attacher aux personnages car moins nombreux et donc plus travaillés sur le plan psychologiques. Le personnage principal a un lourd passé que nous découvrons dans la dernière partie ce qui apporte plus d’intérêt pour la lecture.

L'univers ne se développe que très peu avec une magie tout ce qu'il y a de plus conventionnelle et qui n'apporte rien de neuf à la fantasy. Si comme au tome précédent il y a bien quelques petites références à la mythologie celtique rien n'est vraiment développé et le lecteur novice de cet univers sera contraint de faire des recherches pour avoir plus de détails.

La poursuite nous donne une dynamique de lecture excellente car il y peu d'événements qui viennent croiser la route des poursuivants comme on peut sans douter au vu du nombre de pages restreint.

Il est aussi nécessaire de préciser que ce volume numéroté comme deux a été publié avant le premier et hormis les Terre de l'Arc il n'y a aucune liaison avec les tomes un et trois. L'auteur enrichit l'histoire par quelques légendes su des figures de l'histoire de l'Arc et notamment le passé de la guerrière ce qui apporte un petit plus intéressant à l'univers.

Au final un tome plus travaillé mais beaucoup trop court, une histoire classique mais intéressante, un univers qui nous laisse encore une fois sur notre fin, et un dénouement quelque peu expédié.





De révélations en révélations, Damera du clan Lagos écrira l'une des légendes les plus brutales et les plus sombres des Terres de l'Arc


mercredi 19 avril 2017

Du sang dans la neige de Quentin Clément


Lecture dans le cadre des challenges :



Les Terres de l'Arc. Un pays violent où l'honneur des hommes passe par la guerre et le sang. Ces contrées lointaines furent maintes fois théâtre de tragédies et de massacres'

Mais il y eut une année plus difficile que les autres. Pourquoi la terre n'avait-elle rien fait pousser ? Pourquoi les animaux sauvages, proies des chasseurs, avaient-ils fui ? Il y avait une chose surnaturelle et morbide dans la neige qui tombait sans s'arrêter cet hiver-là.

Et lorsque les hommes ont faim, ils sont capables de tout. Cet hiver fut chargé de scènes de trahisons, d'injustices, mais parfois de la plus grande des bontés. Cet hiver offrit la preuve de ce qu'était un être humain : une créature imparfaite capable du meilleur, mais aussi du pire'

Alors que les clans se déchirent en guerres et en pillages pour tenter de survivre, personne ne se doute que bien au sud, un guerrier maudit des hommes et des Dieux sombre dans la folie, et apportera le plus grand fléau que les Terres de l'Arc aient connu. 

Avec Du sang dans la neige, c'est dans un univers très sombre et très violent que nous entraîne l'auteur. Dans cette histoire sur fond de monde celtique il n'y a pas vraiment d'intrigue mais un fil conducteur qui relie les différents événements : la guerre quasi-permanente que se livrent les différents clans.

Avant de nous présenter les différents acteurs, l'auteur nous brosse rapidement le contexte de l’histoire à savoir un hiver très rude qui après de mauvaises récoltes a mis les réserves de nourriture de la plupart des clans au plus bas. Un postulat de départ des plus simples et qui n'a rien de novateur dans le genre puisqu'il en est assez souvent question dans le genre.

Dans cette histoire où les combats vont se révéler assez nombreux, l'on suit une multitude de personnages. Même si quelques uns des personnages sont un peu plus en vue, ce n'est pas moins de vingt deux personnages que le lecteur va devoir suivre. De ce fait au fil de la lecture on a un peu de mal de savoir qui est qui, mais l'auteur nous a dressé une liste en début de roman des personnages et de leurs clans. Ce qui nous aide dans la lecture mais qui casse il faut bien le reconnaître le rythme de lecture, heureusement cet inconvénient tend à disparaître vers la fin du roman puisque l'on arrive avec les titres de chapitres a savoir quel seront les personnages à suivre dans celui-ci.

Tous les personnages semblent avoir été façonnés dans les mêmes moules, quelque peu caricaturaux, frustres et violents, et n'ayant pour la majorité d'entre eux qu'un seul désir : se battre. L'auteur s'attache plus à nous décrire les caractéristiques physiques de chacun d'eux, la couleur de leurs cheveux, et leur aptitude au combat, plus qu'a façonner une personnalité propre qui les distingueraient des autres. Toutefois le côté psychologique de quelques personnages a été abordé, mais de manière insuffisante pour que l'on puisse vraiment s'attacher à l'un d'eux.

Certes quelques références comme les Druides, les Fianna, le Sidh permettent de situer le récit dans un monde Celtique mais au niveau du développement du monde çà s'arrête là : rien des us et coutumes de cette civilisation n'est proposé.

En l'absence de carte l'on a du mal à situer géographiquement les clans les uns par rapport aux autres. On sait qu'il existe une magie mais là encore aucune démonstration n'en est faite, tout dans le récit étant uniquement axé sur les faits d'armes.

Avec pour premier plan de l'histoire les combats qui opposent ou ont opposés par le passé les clans, on pouvait s'attendre à ce que les combats soient de grande qualité, malheureusement pour la plupart ils sont expédiés trop rapidement selon notre point de vue. Dans les batailles de masse l'auteur s'attache surtout à nous décrire les combats des plus valeureux guerriers mettant en exergue leur force supérieure ou leur adresse ce qui inévitablement tend à raccourcir très fortement leur description et laisse sur ce point premier de l'histoire le lecteur quelque peu sur sa faim.

La plume de l'auteur est simple, fluide, les descriptions hormis le physique des personnages sont peu nombreuses et pas très longues ce qui donne à défaut d’additivité une bonne dynamique de lecture. Par contre l'on a un peu de mal avec l'orthographe : l'on a du mal à comprendre pourquoi l'épée s'enfonce dans le poste occupé par un professeur en faculté : comme beaucoup de jeunes écrivains de fantasy Quentin Clément utilise le mot chaire au lieu du mot chair pour le corps humain. C'est récurrent avec les romans auto-édités et au fur et à mesure des lectures ça devient plus qu'agaçant. Pour ces auteurs il existe des dictionnaires en ligne !!! Il est possible également sur des forums littéraires ou sites spécialisés de demander la lecture préalable à l'impression !!! A ce point il faut encore ajouter des fautes de frappe ou d'impression.

Au final, un côté épique pas assez présent pour une thématique de guerre, des personnages qui ont trop de points en commun, un univers à peine ébauché ; une histoire intéressante mais qui en fait en recoupe plusieurs à la fois avec pour seul lien la violence... C'est avec un sentiment fort mitigé que l'on ferme le livre. On espère que les tomes suivants sont mieux construits.



jeudi 13 avril 2017

MARS & AVRIL 2017

PARTENARIAT LIVRADDICT

PARTENARIAT MORTSÛRE





ACHATS MENSUELS MARS & AVRIL   2017


FORMAT PAPIER

  


 


FORMAT ELECTRONIQUE

EBOOK GRATUITS


  

mercredi 12 avril 2017

La musique des ténèbres d'Eric Bony


Lecture dans le cadre des challenges :




Un scientifique se jette par la fenêtre de son appartement parisien. Sur son torse, on découvre des lettres gravées à l'encre sanglante, un message destiné à Thomas Cazan, le journaliste spécialisé dans les affaires étranges.Au même moment, un autre chercheur est retrouvé mort devant l'immeuble où habite sa fille Agnès. Ce vieil excentrique, mis au ban de la communauté scientifique, s'était toute sa vie passionné pour une ancienne partition de musique qui aurait le pouvoir de tuer?
C'est le début d'une étrange aventure pour Thomas et Agnès qui décident de collaborer pour lever le voile sur les circonstances de ces morts tragiques et mystérieuses. Une enquête au cours de laquelle sociétés secrètes, multinationales et scientifiques sans scrupules n'hésiteront pas à faire couler le sang pour s'approprier le secret de la « musique des ténèbres »? Une enquête de Thomas Cazan, journaliste de l'étrange. 


Le récit s'ouvre sur un prologue qui se déroule dans les environs de Carcassonne en 1538 où l'on assiste à travers les yeux du Grand Inquisiteur Nicolas Eymerich à une scène sacrificielle d'un culte païen.

Puis l'on est projeté en 2015 où une scientifique hanté par une homme sans visage se défenestre après avoir gravé sur son torse un message à l'intention d'un de ses amis le journaliste spécialisé dans le paranormal Cazan qui est averti par la police. Puis immédiatement c'est a une autre mort que l'on assiste celle d'un inventeur qui effectuer des recherches sur l'effet de la musique et des ondes sur les maladies. Échappé dont on ne sait où il vient mourir dans le hall de sa fille Agnès avec la quelle il était en froid après lui avoir demandé à l'interphone de mettre en lieu sur une partition de musique.

Le spécialiste de l'étrange qui ne croit pas au suicide non motivé de son ami va se lancer dans une enquête qui va l'amener à croiser la fille de l'inventeur, elle aussi journaliste pour une revue scientifique.

L'ambiance de ce thriller mâtiné d'une pointe d'ésotérisme se révèle particulièrement sombre et macabre avec les morts qui vont jalonner l’enquête au fil des derniers chapitres. Des scènes particulièrement cruelles et glauques qui pourraient heurter les lecteurs les plus sensibles. L’enquête au préalable assez simple est très bien gérée par l'auteur , les indices sont distillés au moment opportun et relance à chaque fois l'histoire qui se déroule sur un rythme effréné.

Le duo formé par les deux journalistes fonctionne à merveille et est très agréable à suivre avec des petites pointes d'humour dans les dialogues qui renforcent l'ambiance déjà très sombre. Ils se retrouvent en permanence sous tension avec les criminels à leur poursuite qui présentent un danger permanent, ce qui ne permet pas au lecteur de souffler une seconde ce qui est très positif pour ce genre de lecture. A ce duo vient s'ajouter l'archiviste du journal Enigma que l'on avait déjà découvert dans le précédent ouvrage de l'auteur, Le Tombeau du Diable qui est de la même facture.

L'auteur nous pousse à réfléchir cette fois-ci sur des enjeux extrêmement plus complexes qu'il pourrait y paraître de prime abord. L'auteur aborde la problématique des multinationales du médicament qui dans de nombreuses affaires vues dans les médias semblent plutôt que de privilégier la santé des malades songer aux intérêts de leurs actionnaires. L'auteur pousse un peu plus loin cette réflexion en n'hésitant pas à avancer le fait que des sociétés secrètes pourraient écarter des recherches de médecines parallèles afin de privilégier les médicaments chimiques qui offrent de meilleurs profits.

Le style de l'auteur qui lui est propre, fluide, direct est parfaitement adapté à ce type de récit qui demande beaucoup de rythme.

Au final : une enquête des plus prenantes, du surnaturel très bien dosé, des personnages empathiques avec lesquels on frémit à chaque danger... tous les ingrédients sont réunis pour nous offrir une excellente lecture. L'auteur confirme la très bonne impression laissée à la lecture de son premier roman.  


mardi 11 avril 2017

L'héritier de Pierre Pevel


Lecture dans le cadre des challenges :



La Garde d'Onyx, garante de l'autorité du souverain, est en deuil. Après les derniers événements qui ont déchiré le haut-royaume, le prince Alan a pris le commandement de ces hommes, et nombreux sont ceux désireux de rejoindre leurs rangs. Mais la reine, aussi ambitieuse qu'impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le haut-royaume ne cesse de se fragiliser… Les desseins du Dragon du Destin sont obscurs, mais finissent toujours par s'accomplir.

Après un premier tome qui s'avérait au demeurant plutôt décevant mais qui se terminait par un effet choc, l'histoire reprend sur un rythme très lent.

Si au premier tome le postulat de départ s'avérait des plus simples avec pour intrigue la cession d'Angborn à l'Yrgaärd, celui de ce deuxième opus est encore plus basique avec une nouvelle crise qui frappe le Haut-Royaume en l’occurrence le refus de l'allégeance à la reine de la Dame d'Arcante et du siège de la cité franche.

La mise en contexte du récit se traîne pour aboutir en fin de partie à une révélation qui ne surprend personne. Une révélation des plus simplistes qui reflète chez l'auteur une grande lacune au niveau imaginatif.

Ce n'est ps la deuxième partie qui va dynamiser le rythme de l'histoire. En effet l'auteur emploie maints artifices pour rallonger la longueur de son histoire pour en arriver au même point qu'à la fin de la première partie. Le lecteur qui commence sérieusement à se demander quand l'histoire va vraiment commencer, lassé, finit par sauter des paragraphes.

Certes si l'on fait l'abstraction de l'intrigue très simple, le récit se veut plus dense que dans le premier opus et surtout moins linéaire : la multiplication des points de vue et les ramifications secondaires de l'intrigue sont intéressantes mais les informations semblent nous parvenir en vrac, sans vraiment de synopsis bien établi.

L'univers se développe avec l'apparition de nouveaux royaumes mais une fois de plus l'absence de carte ne permet pas de suivre de manière concrète et de situer de manière précise les déplacements des personnages au fil des chapitres. On assiste à un siège et l'on ne peut s'empêcher de noter un déséquilibre par rapport à la réalité car le récit se focalise uniquement sur les personnages centraux. Une fois de plus l'on ne sait pas ce que ressentent les assiégés et les autres assiégeants. La mise en place du siège a pratiquement été entièrement occulté et l'on ne sait pas ce qui se passe dans les troupes, l'on n'a pas le ressenti de ce que pensent les soldats de troupe.

Si dans la dernière partie les événements se précipitent et que les rebondissements sont nombreux, certains faits sont expédiés et l'on reste parfois sur une impression d'inachevé.

Si certains des personnages de premier plan gagnant en profondeur, il n'en est pas de même des personnages secondaires qui ne semblent pas intéresser l'auteur ce qui renforce encore le sentiment qu'il manque quelque chose à l'histoire.

Le style de l'auteur est indéniablement sans reliefs, les nouveaux apports tant au point de vue des royaumes qu'au niveau des nouveaux personnages ne possèdent aucune saveur particulière. Les dialogues sont souvent répétitifs dans leur formulation, relatant les mêmes informations à plusieurs reprise ce qui là aussi finit par lasser le lecteur et alourdir inutilement l'histoire.

Si la dernière partie de l'histoire laisse entrevoir nombre de perspectives intéressantes pour la suite de cette série, ces deux premiers tomes décevants ne nous invitent pas à poursuivre l'aventure.




mardi 4 avril 2017

Le chevalier de Pierre Pevel


Lecture dans le cadre des challenges :



Le Haut Royaume connaît son heure la plus sombre. Le roi est affaibli et la
rébellion gronde. En dernier recours, le souverain libère Lorn, qui croupit
depuis trois ans dans les geôles infernales de Dalroth. L'ancien prisonnier est nommé chevalier du Trône d'Onyx, chargé de protéger l'autorité royale. Héros valeureux, Lorn est une figure d'espoir pour le peuple. Mais l'homme est résolu à mener à bien une toute autre mission, plus personnelle et au goût de sang : retrouver ceux qui l'ont maintenu en captivité... et leur faire payer le prix de la trahison.


Le chevalier Lorn Askarian qui croupit depuis trois ans au plus profond des cellules de la tristement célèbre forteresse de Dalroth pour avoir que révéler des tractations secrètes se déroulaient avec l'ennemi de toujours du Haut-Royaume est tiré de sa geôle alors qu'il n'attendait plus rien. Le vieux Roi qui n'est plus que l'ombre de lui même, incapable d'agir, l'a fait innocenter dans le but d'en faire le Premier Chevalier du royaume et de le représente. Mais c'est un homme meurtri qui sort de cette prison d'où en principe l'on ne sort jamais, ou alors marqué par la folie. S'il accepte cette mission qui lui donne les pleins pouvoirs c'est non sans être habité par un esprit de vengeance.

En même temps qu'il nous présente son personnage central, l'auteur commence à développer son univers. Un univers prometteur, qui se veut dense à défaut d'être innovant. L'on découvre petit à petit les forces en présence, d'un côté le Haut-Royaume et ses alliés et l'ennemi de toujours l'Yrgaärd. Si dans les premiers temps l'auteur situe géographiquement les différents pays qu'il énonce, l'absence de carte au fil des chapitres ne nous permet plus de les situer précisément. Certes le récit se déroule en presque totalité dans le Haut-Royaume mais l'on n'est pas s'en ressentir un manque certain. L'univers dans ce premier tome est certes prometteur mais il s'avère ce qu'il y a de plus classique avec un passé où les dragons régnaient en maître et les réminiscences de ce passé sont toujours fort présentes. Si l'auteur aborde la magie en nous informant qu'elle existe elle n'est pas développée dans le présent opus, si ce n'est que partiellement en ce qui concerne l'Obscure. Les relations entre les différents pays ne sont pas non plus traitées, si ce n'est qu'entre les deux royaumes principaux. Sur le plan de l'univers on reste sur sa faim car il n'est juste qu'ébauché, on aurait aimé en découvrir un peu plus !

Si l'histoire n'est certes pas inintéressante, elle est essentiellement centrée sur le personnage central et ce qui se passe à la cour avec la préparation de la cérémonie de cession d'une cité franche a l'Yrgaärd. Certes les événements sont nombreux, intrigues de cour, renversements de situation,... mais l'on ne peut s'empêcher de constater que si l'intrigue est bien maîtrisée elle nous paraît quelque peu linéaire. On est dans un tome de mise en place mais la mise en contexte et la présentation des personnages ne nous permet pas d'affirmer que l'on est dans une fantasy épique même si les combats sont visuels on n'échappe pas à quelques longueurs. On n'est pas dans une dynamique de lecture à laquelle on s'attendait en lisant les nombreux éloges au début de l'ouvrage.

Le personnage central est tourmenté par le passé, à la fois héros et anti-héros, même s'il est très bien défini on a un peu de mal à le cerner. Il est parfois difficile d'abonder dans le choix de ses décisions, on comprend pas toujours ses réactions, certes son séjour à Dalroth peut justifier celles -ci mais l'on a du mal à s'attacher au personnage. Les personnages secondaires sont en retrait par rapport au protagoniste principal et dans l'ensemble insuffisamment dépeints. On a un nombre important de personnages et l'on a presque l'impression que l'auteur a voulu nous projeter dans une sorte d'héroïc-fantasy quelque peu ratée tout comme le côté épique. En fait l'auteur met plus en avant le Haut-Royaume et prépare plus ses futurs ouvrages pour une série au long cours plutôt que de procéder histoire par histoire.

L'autre point qui nous a chagriner, malgré que le récit se lise plutôt bien, c'est le style de l'auteur, avec une trop grande propension à utiliser les mêmes verbes et en quantité astronomique ce qui alourdit considérablement le texte et à la longue finit par lasser le lecteur.

En résumé, un univers insuffisamment développé, une histoire simple assez linéaire, des personnages qu'on aurait aimé plus développés, une plume quelque peu lourde... Heureusement que le dénouement coup de poing nous laisse augurer pour le deuxième tome plus d'ouvertures. Au final c'est quelque peu déçu que l'on va procéder à la lecture du deuxième opus. Déjà on n'avait pas adhérer pleinement aux Enchantements d'Ambremer ce n'est pas de sitôt que l'on risque de sortir les Lames du Cardinal. Quand à la maison d'édition il n'est pas nécessaire de revenir sur des points exprimés lors de précédents avis.