mardi 16 mai 2017

Le pont du diable de Yves Desmazes


Lecture dans le cadre des challenges :



Que se passe-t-il donc à Saint-Guilhem-le-Désert, village classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ? La mort violente d’un évêque coadjuteur au cœur même de l’abbaye, suivie du meurtre de plusieurs élus, va conduire le lieutenant Kevin Normand du SRPJ de Montpellier à mener une enquête sous haute tension.
Pour le policier, diacre de son état, l’assassinat d’un dignitaire de l’Église revêt une importance toute particulière. L’aide de Charlotte, jeune journaliste du Midi Libre, et le recours aux techniques les plus modernes de la police scientifique, permettront-ils à l’officier de dénouer l’écheveau d’une intrigue machiavélique instillée par une organisation criminelle plus que centenaire ?


Lorsque le crime de l’évêque coadjuteur est commis dans l'Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert, le Lieutenant Kevin Normand est dépêché sur place par son directeur. Bientôt rejoint par les personnalités. Tout sur place laisse croire à un vol qui aurait mal tourné : troncs fracturés, ciboire et chandeliers volés. Mais le Lieutenant n'est pas convaincu par ce mobile, car l’évêque a été assassiné avec le Reliquaire que contenait l'Abbaye. Reliquaire qui lui n'a pas été volé alors qu'il était le bien le plus précieux.

En parallèle du meurtre nous fait assister en aparté aux lecteurs à une scène ou une main inscrit à la plume le nom de l'évêque sur un parchemin auquel il ajoute en lettres de sang une croix et les mots repose en paix.

Une enquête de routine plutôt classique commence, mais la police n'a que peu d'indices hormis que l'on ne retrouve pas le portable du prélat et que l'on constate un peu plus tard que le disque dur de son ordinateur a été volé dans son bureau. Ce qui dément le mobile du vol.

Le Lieutenant est renvoyé sur un accident de chasse apparemment banal dans les même lieux. Accident qui du fait de la personnalité de la victime met le doute dans l'esprit de l'enquêteur, ce qui se confirme lors d'une perquisition, après une autre piste qui n'amène rien.

Le lecteur en aparté assiste à la même scène que précédemment.

Charlotte une jeune journaliste d'investigation, sœur d'un camarade de promotion du Lieutenant Normand, entre en scène et essaye de aiguiller sur une autre piste que ne peut peut envisager l’enquêteur du fait de son appartenance au milieu ecclésiastique du fait de son état de Diacre en dehors de ses heures de services.

Le premier suspect arrêté est mis hors de cause, bientôt une nouvelle piste permettra d'arrêter un SDF détenteur de la carte bancaire de l’évêque. Ce qui fait fulminer la journaliste qui n'en a pas été informée alors qu'un début de relation s'instaurait entre elle et le Lieutenant. Mais elle sera tout de même prévenue en premier que ce deuxième suspect sera relâché, une deuxième piste avortée.

Un troisième meurtre est commis à Saint-Guilhem. La perquisition qu'y s'en suit à la Mairie va révéler que les trois hommes étaient en relations pour un programme de revalorisation de la région. Les précédentes pistes suivies sont alors abandonnées et le Lieutenant va abonder dans le sens de la journaliste et envisager un tout autre mobile. L'enquête prend l'ampleur après un début assez classique, presque scolaire et devient au fil des pages des plus intéressante.

Les personnages qui évoluent dans l'enquête sont intéressants à suivre, surtout dans leurs relations. Le lieutenant Normand à la fois policier et diacre nous change agréablement des flics torturés habituels par son comportement et ses vues. Son obligation de célibat pendant une durée déterminée rend sa relation avec la jeune journaliste quelque peu ambiguë et l'on ne sombre pas dans le roman d'amour. L'enquêtrice adjointe soupçonneuse ne comprend pas ses fréquents déplacements à l'évêché et jalouse de sa relation avec la journaliste le soupçonne de diffuser des informations de l'enquête, elle va en parler au Directeur, ce qui ajoute une peu de piment.

Le synopsis de l'enquête est ma^trié de fort belle manière offrant de nombreuses pistes qui maintiennent l’intérêt du lecteur malgré des chapitres longs et peu nombreux qui ont l'effet de ralentir la dynamique de lecture. Dans les inter-actions orales entre les trois enquêteurs l'humour est présent, certes quelque peu caustique, mais qui rajoute un plus au récit et offre une petite note de fraîcheur à l’ambiance plutôt tendue. La description des différents lieux est très bien dosée, sans être trop longues elles permettent au lecteur à s'immiscer dans les décors.

Quand au dénouement, a l'instar de la majorité de l'histoire est très réussi.

Un très bon premier roman malgré quelques petites imperfections qui donnent envie de suivre d'autres enquêtes du policier-diacre. Même si le début s'est révélé léger au fil des pages le récit prend de la profondeur, et les enquêtes suivantes devraient se révéler encore plus prenantes.







L'espionne impériale de Mark Robson


Lecture dans le cadre du challenge :




Femke est une belle et jeune espionne au service de l'empereur. Mais très vite elle est repérée par Shalidar, un tueur à gages machiavélique. Pour la protéger, l'empereur décide sur-le-champ d'envoyer la jeune fille à la cour du royaume voisin... Hélas ? Shalidar parvient à retrouver sa trace et la fait accuser de meurtre. Une traque infernale commence alors. Femke réussira-t-elle à mener à bien sa mission impériale ?


L'action de ce roman débute dès le prologue où l'on assiste à une tentative d'assassinat de l'Empereur, déjà occis par Femke l'espionne impériale car sous les traits de l’empereur se cachait un vil sorcier usurpateur. Surpris l'assassin tente alors de tuer le général des armées assis sur le trône, mais la jeune femme l'en empêche. Démasqué car ayant agit à visage découvert Shalidar, l'assassin, doit quitter l'empire mais désireux de se venger de Femke il mûrit en coulisses un plan machiavélique. La jeune femme va se voir confronter à de nombreux ennuis.

Le postulat de départ est des plus classiques du genre, mais une vengeance qui revêt à un caractère double.

En toile de fond on se trouve dans une situation géopolitique instable, car l'usurpateur avait tenté d'envahir le royaume voisin du Thranthor l'année précédente, et les relations diplomatiques sont au plus mauvais et l’héroïne est envoyée comme ambassadrice. Malheureusement ce voyage qui aurait permis de découvrit géographiquement les deux pays est expédié, et l'univers décrit se résume aux deux capitales et aux deux palais. L'histoire étant principalement centrée sur l'héroïne comme c'est souvent le cas dans ce type de fantasy.

Une fantasy jeunesse donc le synopsis est lui aussi très basique, certes les ennuis ne font que se succéder pour la jeune femme et la dynamique de lecture est excellente, mais le récit manque de profondeur. Les personnages sont assez bien élaborés avec chacun ses faiblesses mais on peut relever chez eux un petit côté manichéen. A son arrivée dans le royaume, la jeune femme découvre aux côtés du roi, une jeune sorcier mais ce personnage secondaire n'est pas exploité ce qui aurait pu apporter un petit plus au récit. On a bien sur une romance qui s'installe mais elle n'occupe pas trop de place dans le récit, ce qui est une bonne chose et comme elle apporte une bonne dose d'humour à l'histoire ce n'est pas du tout dérangeant.

Le style de l'auteur est simple, direct, sans fioritures : donc parfaitement adapté à un lectorat pré-adolescent qui sont désireux de découvrir la fantasy.

Le dénouement est intéressant, car il reste ouvert et l'on ne peut que regretter que les autres aventures de la belle espionne n'ait pas été traduites en français. A défaut de profondeur l'on passe un agréable moment de détente.





vendredi 12 mai 2017

Les tables du prophète de James Becker


Lecture dans le cadre du challenge :



Une tablette d'argile recouverte de hiéroglyphes anciens resurgit dans un souk marocain : l'objet est suffisamment inhabituel pour attirer l'attention de Ralph et Margaret, un couple d'Anglais fans d'antiquités. De toute évidence, il ne s'agissait pas d'une banale copie puisque le lendemain, tous deux périssent dans un étrange accident de voiture... et que leur nouvelle acquisition disparaît ! Chris Bronson est alors mandaté pour enquêter sur l'affaire, qui va le mener sur les traces de l'un des plus grands prophètes, celui qui aurait reçu des mains mêmes de Dieu les très convoitées tables de la Loi. Moïse...


Alors qu'elle se promène avec son mari dans le souk de Rabat, Margaret O' Connor assiste à une vive altercation entre une demi-douzaine d'individus et un petit homme en haillons qui vend des éclats de poteries anciennes et des tablettes d'argile, discrètement en prend quelques clichés de la scène. Très rapidement un bruit de course retentit et le petit homme poursuivi laisse tomber une tablette d'argile dans un sac de safran, Margaret s'en saisit.

Le lendemain Margaret se rend seule au souk pour rendre la tablette au petit homme. Son étal n'y est plus. Alors elle décide d'effectuer une dernière promenade avant leur départ pour l'Angleterre, et se dirige vers les antiques murailles de la nécropole de Chella. Elle aperçoit en y arrivant des policiers, ceux-ci s'écartant elle découvre le cadavre du petit homme.

Alors qu'ils se rendaient à Casablanca pour y prendre l'avion, leur véhicule est poussé dans un ravin, leurs assaillants maquillant leurs assassinats en accident routier.

Dépêché sur place pour y prendre confirmer la thèse de l'accident, le Sergent Bronson de la police du Kent, malgré un témoin de l'accident qui lui est présenté, trouve suspect que dans les possessions du couple il n'y ait pas d'appareil photo. Il relève même sur les lieux de l'accident des fragments de peinture d'un autre véhicule. Mais malgré ses doutes, il ne peut que conclure à l’accident.

Mais sa rencontre avec la fille du couple, va conforter son opinion car celle-ci a reçu par mail des photos de la tablette d'argile. Il va en faire une copie sur CD juste avant que le mari de la fille soit agressé et leur portable volé.

Déduisant que la clé de toute l'affaire est la tablette d'argile, de retour en Angleterre, il va demander l'aide de son ex-épouse travaillant au British Muséum pour déchiffrer les inscriptions de la tablette et comprendre le pourquoi des meurtres.

C'est alors dans une poursuite permanente entre des gangsters marocains, un trio composé d'un gangster londonien, d'un antiquaire véreux, et l'un des collègues du British Muséum que se lancent les deux enquêteurs.

Au fur et à mesure que le couple avance dans le décryptage de la tablette écrite en Araméen, et d'une autre tablette similaire conservée dans un musée, l'auteur nous distille de manière intéressante des faits historiques en parallèle des déductions du couple.

L'on a droit à une historique sur la découverte des Manuscrits de la Mer Morte, des faits connus sur la cité antique de Masara qui faisait l'objet du prologue, et de l'histoire du Temple de Jérusalem et de son trésor supposé, et notamment comme l'indique le titre des Tables des Dix Commandements.

Pour les deux enquêteurs, les renversements de situations vont s'avérer fort nombreux, le danger est permanent... leurs poursuivants bien renseignés sur leurs multiples déplacements et changements d’hôtels, peut-être un peu trop...

Le côté policier du roman, et notamment les meurtres sont totalement délaissés pour le côté historique qui parfois n'est pas sans créer certaines longueurs sur des points de détails. Des longueurs pas toujours justifiés et la dynamique de lecture s'en resserre parfois jusqu’au dernier quart du livre où tout s'accélère jusqu'à un dénouement peut être un peu trop téléphoné avec l'entré en jeu d'une organisation qui œuvrait jusqu'alors dans l'ombre ne faisant que suivre très discrètement les uns et les autres.

Au final, une histoire intéressante avec des points historiques dans l'ensemble assez bien maîtrisés, un côté thriller haletant à défaut d'enquête policière. Un petit reproche tout de même la mise en contexte est peut être un peu longue. Un auteur à suivre pour ceux qui aiment ce genre de roman, il nous a manqué tout de même une pointe d'ésotérisme.





mardi 2 mai 2017

L'échiquier d'Adonar de Quentin Clément


Lecture dans le cadre des challenges :



A présent les masques sont tombés, le jeu est dévoilé et les enjeux connus de tous. Mais malgré cela, l’hiver et le froid mordent toujours les hommes qui pour survivre continuent de se battre entre eux.
Les clans ne s’unissent pas dans l’adversité, même face à l’épreuve qu’ils doivent surmonter. Rares sont ceux qui ont compris qu’une alliance est nécessaire aux Terres de l’Arc pour ne pas sombrer dans la servitude.
Ils seront peu à combattre le réel ennemi des Hommes. Mais même en sous-nombre, même s’ils doivent trahir leurs serments et perdre leur honneur pour sauver leurs semblables, les héros s’éveilleront…


Le récit reprend dans la continuité du premier tome et n'est apparemment pas la suite du tome 2. Mais a la lecture on a l'impression que l'auteur a inclus des bribes de l'histoire de la puissance de l'ours, c'est très brouillon au départ. On a beaucoup de mal à se recentrer sur l'histoire ce qui n'est au départ pas encourageant pour la suite.

Avec dans l'ombre un sorcier qui vient attiser les haines ancestrales pour s'approprier l'ensemble des Terres de l'Arc, l'intrigue se révèle tout ce qu'il y a de plus basique. Surtout que ce dit sorcier est l'ombre qui hantait Ogdur et qu'il revient d'entre les morts après qu'Argor ait tué Ogdur. Avec un tel postulat on se doute que les combats vont être nombreux notamment avec les dissensions internes à certains clans ou villages qui doivent remplacer leurs chefs défunts.

On commençait à se familiariser avec le grand nombre de personnages mais comme certains ont disparus dans les combats il faut en intégrer de nouveaux et notamment Adonar et ses disciples. Il faut reconnaître qu'au début on a un peu de mal à différencier une championne d'une druidesse, les noms étant fort proches, l'on doit une fois de plus consulter la liste se trouvant en début de roman. L'on se retrouve donc avec le même problème relevé lors de la lecture du premier opus, à savoir que cela casse quelque peu la dynamique de lecture. Heureusement que l'auteur met en avant certains personnages et donc on y a un peu moins recours.

Le récit en soit même n'est pas inintéressant et possède un peu plus de profondeur mais malheureusement les points négatifs de début de l'histoire ne sont malheureusement pas gommés.

L'univers ne se développe que très peu, pour ne pas dire point du tout. La base celtique qui avait fait l’intérêt du lecteur à la lecture des quatrièmes de couverture est totalement délaissée. Et si la magie évoquée au premier tome se fait ici présente c'est par l'intermédiaire du sorcier et se révèle tout ce qui a de plus banale.

Le point fort du roman réside dans les nombreux combats qui émaillent le récit, et surtout la bataille finale très bien dépeinte. En effet on aurait presque l’impression qu'elle se déroule sous nos yeux. C'est le seul point qui a était amélioré par rapport au premier tome.

Le dénouement est intéressant du fait qu'il reste ouvert et laisse une possibilité de suite avec deux des personnages les plus en vue dans cette histoire.


Il est à préciser qu'une mention à la Guerrière Ours est faite au fil du récit permettant de situer l'action du tome deux antérieurement au tome premier.

Du côté de l'écriture, pas de changement l'on retrouve les mêmes fautes d’orthographe. Et viennent s'y ajouter quelques fautes de français, et notamment une énorme faute inadmissible de la part d'un écrivain : les plus mieux !!! Ce qui ne peut que faire bondir de son siège le lecteur. Une relecture et une correction sérieuse aurait été nécessaire avant de la mise en vente de cet ouvrage. Malheureusement avec les nouvelles possibilités d'édition des ouvrages ce fait devient de plus en plus récurrent.

Au final une trilogie qui manque de profondeur et qui se révèle décevante sur plusieurs points et que l'on est obligé de sanctionner même si certains points étaient positifs.